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La Réunion organise la toute 1ère Journée sans alcool

450 décès liés à l’alcool par an, des milliers de victimes au fil des années, l’alcool fait des ravages à La Réunion. Pour alerter sur ce problème de santé publique, se tient ce samedi 6 octobre la toute première Journée sans alcool de France.
 

© Indranie Pétiaye (Réunion la 1ère)
© Indranie Pétiaye (Réunion la 1ère)
  • Par Lise Hourdel
  • Publié le , mis à jour le
La Fédération Régionale d’Addictologie de La Réunion et l’association Les maillons de l’espoir sont à l’initiative de cette journée. Première fois dans l’île, et première fois en France même, la Journée sans alcool veut avant tout rendre hommage à toutes les victimes de ce fléau et à leurs proches. Mais, elle est aussi l’occasion pour tous de prendre conscience de sa propre relation à l’alcool.

Le reportage d'Indranie Pétiaye et Alix Catherine.
1ère Journée sans alcool : marche blanche à Saint-Denis
 

Une marche blanche pour les victimes


C’est par une marche blanche que débute la journée. Près de 150 participants ont ainsi quitté le Jardin de l’Etat à Saint-Denis vers 10h pour rejoindre le Square Labourdonnais devant la préfecture, au son des percussions. Des élus, comme Huguette Bello, Ericka Bareigt ou encore Cyrille Melchior, se sont joints au cortège pour cette marche. A La Réunion, 450 personnes décèdent chaque année de troubles liés à une forte consommation d’alcool.

Selon le Dr David Mété, addictologue, on dénombre 15 recours aux urgences par jour et 3 000 personnes sont prises en charge dans des structures spécialisées en addictologie. En moyenne, près de 11 litres d’alcool pur sont consommés par habitant de plus de 15 ans. Autant dire que les chiffres sont alarmants. Les conséquences sociales et familles sont également nombreuses.
 
© Indranie Pétiaye (Réunion la 1ère)
© Indranie Pétiaye (Réunion la 1ère)
 

Des facteurs qui favorisent


Facteurs sociaux, d’emploi ou de pauvreté sont bien souvent impliqués dans la problématique de l’abus d’alcool, mais d’autres facteurs existent. Selon le Dr David Mété, la publicité massive ou encore la fiscalité d’exception, qui permet ainsi d’obtenir de l’alcool à des tarifs jusqu’à 3 fois moins chers que dans l’hexagone, sont des facteurs anormaux qui favorisent un peu plus encore la consommation.
 

"Ce sont des choses peu acceptables et qui sont des injustices par rapport à ce qu’il se passe ailleurs en France", déclare-t-il.


Une motion sera ainsi remise en préfecture à l’issue de la marche blanche. Une motion pour attirer l’attention sur des facteurs qui peuvent être modifiés rapidement, ce qui permettrait d’épargner des dizaines de vies, selon le Dr David Mété.
 

Une journée pour prendre conscience


La marche blanche prendra donc fin devant la préfecture, dans le square Labourdonnais, où se tient un village. Des stands sont ainsi installés pour informer et conseiller le public. L’occasion de rencontrer également des abstinents, qui témoigneront sur leur parcours, les difficultés rencontrées et les bénéfices d’une prise en charge.

Jacky Dugain, 63 ans, est passé par là. Le déclic, il l’a eu lors d’une hospitalisation. Cela fait maintenant 16 ans qu’il n’a plus bu une goutte d’alcool. Son témoignage a été recueilli par Brigitte Hoarau.
 

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