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Attention à vos fruits et légumes, l'invasion des mouches des fruits a commencé

Elle est toute petite et pourtant, elle est en train de détruire les fruits et légumes dans l'océan Indien. A La Réunion, les producteurs constatent de 10 % à 100 % de pertes.

© Henry-Claude Elma
© Henry-Claude Elma
  • Par Alexis Vallee
  • Publié le , mis à jour le
La "Bactrocera dorsalis", plus connu sous le nom de mouche des fruits, est un insecte nuisible pour nos fruits et légumes. Après avoir été détecté par la Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles (FDGDON), le Conseil département a tenu ce vendredi 27 juillet une conférence sur une exploitation de Saint-Paul.

Arrivé à La Réunion depuis avril 2017, ce petit animal originaire d'Asie a déjà colonisé la majorité de l'île en quelques mois. Mangues, papayes, agrumes, bananes, piments, cucurbitacées, tomates... Au total, le département recense près de 500 végétaux dans lesquels se reproduisent les mouches des fruits. Les dégâts occasionnés par les larves entraînent pourrissements, coulures et émergences d'asticots des produits consommables susceptibles de nous rendre malades.

Sa capacité d'invasion est telle qu'il est urgent de prévoir des moyens de sensibilisation et de lutte en amont de la prochaine saison des fruits, c'est-à-dire au mois de septembre, nous alarment les autorités du département.


Les enjeux de la filière agricole


43 % des exportations des professionnels et 80 % des expéditions de colis par les Réunionnais se déroulent en fin d'année. La menace du "Bactrocera dorsalis" sur la production de mangues, de letchis ou de fruits de la passion risque d'infliger des pertes importantes pour l'ensemble des agriculteurs et des sociétés de livraison locales.

Pour information, la filière fruits et légumes réunionnaise produit 100 000 tonnes par an - dont 2 800 de tonnes sont exportés par an - à partir de 2 000 exploitations. Les exploitations se caractérisent souvent par de "petites surfaces" (moins d'1 ha) et 75 % des végétaux cultivés sont utilisés pour alimenter les besoins de la population.

Afin de limiter les dégâts, le conseil départemental a débloqué près de 270 000€ pour limiter une reproduction massive des mouches des fruits et pour informer et animer des actions collectives - en présence de techniciens spécialisés - pour encadrer les recherches. Globalement, 3 500 hectares vont être traités (à hauteur de 10 pièges par ha) et 2 500 agriculteurs en difficulté seront soutenus par ces aides.
 

Conseils pour les particuliers


Pour éviter que vos fruits et légumes ne soient victimes de pourrissement (et vous de maladie), le département vous conseille de ramasser les végétaux douteux ou déjà tombés, de les enfermer hermétiquement dans un sachet plastique à disposer au soleil pendant 15 jours ou de les donner à vos animaux (aucun risque). N'ouvrez pas le sac et ne jeter surtout pas les fruits et légumes dans le composte ! L'objectif de cette entreprise est de stopper l'évolution de la larve en mouche pendant 21 jours. 

Un reportage d'Henry-Claude Elma et Alix Catherine. Montage de Fred Testa.
MOUCHE DES FRUITS ET CONDIMENTS ST PAUL

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