Grand Boucan : le Roi Dodo brûlé pour la 23ème fois à Saint-Gilles

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Habitués, novices, ils étaient plusieurs milliers à participer à la 23ème édition du Grand Boucan ce dimanche 23 juin à Saint-Gilles. ©Adjaya Hoarau
Ils étaient encore plusieurs milliers présents dans les rues de St-Gilles ce 23 juin pour célébrer le Roi Dodo. Percussionnistes et danseurs parés de déguisements en lien avec les mythes et légendes ont partagé leur contagieuse envie de faire la fête avec le public.
Dionysos, Hercule, vestales... Dieux, demi-dieux, héros et porteurs de mythes et légendes en tous genres étaient présents dans le cortège du Roi Dodo à l’occasion de la 23ème édition du Grand-Boucan. Une rue, gorgée de créatures grimées et parées d’accoutrements originaux, déversant son flot de bonne humeur aux rythmes chaloupés de fanfares engagées.

Les percussionnistes donnant le ton avec des costumes très bigarrés. Des accoutrements ensoleillés, inspirés par la fluidité des tissus transparents ornant les guildes d’elfes ou le plumage des danseuses aux allures d’oiseaux brésiliens, jusqu’aux drapeaux réunionnais arborés avec fierté, ou encore, les magiciens faiseurs de bulles…

De quoi se laisser emporter par l'énergie d’un thème de circonstance : les mythes et légendes.  Certes visitées et revisitées avec quelques digressions frôlant parfois le hors-sujet mais qu’importe, pas de concours, pas de jugement à l’ordre du jour si ce n’est celle de l’avenir du Roi Dodo.

Pas de grand mystère quant à l’issue funeste du personnage clé de la journée. Le Roi Dodo - érigé sur une colonne surplombée d’une tête de licorne, agrémentée par un endormi et un serpent - a été acclamé sur son passage par des milliers de visiteurs touchés par son allure altière tropicalisée. Des habitués sous le charme déjà depuis plusieurs années, mais aussi des novices intrigués par cette explosion détonante de sons, de couleurs et de gestes accompagnant la procession du Roi Dodo jusqu’à la plage des Brisants.
 

Applaudi, admiré… mais brûlé !


Sa majesté, préparée avec soins, patience et discrétion par les bénévoles de l’association Pôle Sud, n’a pas résisté aux flammes du bûcher. Splendeur et décadence, un cycle raccourci pour rappeler le côté éphémère de la beauté dit en son temps par les sonnets du poète Ronsard. Certes la rose avait ici l’aspect d’un totem amérindien étincelant, mais quel que soit son statut, végétal, animal ou roi, la cendre reste le destin commun de ce qui est incarné dans ce monde…   
 
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Le Roi Dodo 2019 à l'effigie d'une licorne, d'un endormi et d'un serpent a séduit les milliers de visiteurs avant d'être immolé à côté de la plage des Brisants. ©Adjaya Hoarau

Pas de tristesse cependant dans cet autodafé, car l’immolation du Roi Dodo n’est pas apparentée à un exutoire de nos faiblesses, souffrances ou vœux pieux à réaliser. Il garde depuis 23 ans son esprit bon enfant.

Comme un phare qui illumine le port pour guider les bateaux à destination. Rappelant ainsi, au besoin, que festoyer est un moyen efficace pour casser les barrières, créer des liens et insuffler l’espoir d’un renouveau… Car il reviendra le Roi Dodo. L’an prochain. Pour animer les cœurs et impulser cette frénésie, cette ode à la joie.