Les scientifiques suivent les mammifères au large de La Réunion grâce à leur ADN

environnement
dauphin au large de la Grande Chaloupe 020720
©Photo Globice Réunion
Identifier et suivre les mammifères marins évoluant dans les eaux réunionnaises sans les observer ni les approcher, c’est ce que les scientifiques tentent de faire. Ils ont mené une campagne d’identification à l’aide de l’ADN environnemental. Focus sur cette technique.
La Réunion est l’un des principaux hauts lieux de la biodiversité mondiale. La biodiversité marine y est exceptionnelle, que ce soit dans les récifs, au large ou dans les lagons. Des nombreuses espèces marines y vivent.

Des animaux parmi lesquels les mammifères marins que les associations et scientifiques étudient et protègent. Un projet d’identification des mammifères marins autour de La Réunion à l’aide d’un outil génétique, l’ADN environnemental, a ainsi été mené.

Le projet a été mis en place par l’association ARBRE, Agence de Recherche pour la Biodiversité de la Réunion, en collaboration avec Globice, CEDTM, 3P, genoscreen, NatureMetrics, et financé par la Région Réunion.

 

Collecter des échantillons d’eau en mer


Au large des côtes réunionnaises, des équipes repèrent des cétacés, puis collectent de l’eau de mer dans des contenants stériles. Elles effectuent ainsi des prélèvements de l’eau de surface dans la zone où évoluent les mammifères marins.

Quatre filtres, de porosité et de surface différentes, sont testés afin de collecter de l’ADN. L’ADN, présent dans toutes les cellules vivantes, constitue le support de l’information génétique. Il peut être extrait d’échantillons environnementaux, car tous les organismes laissent des traces dans les milieux qu’ils fréquentent.

 

L’ADN environnemental


L’idée est qu’en analysant l’ADN contenu dans la colonne d’eau, il serait possible d’effectuer l’inventaire et le suivi génétique des espèces, en complément de l’identification visuelle et acoustique.

Pas besoin, avec la technique de prélèvement testée, de s’approcher des animaux, excepté pour les cétacés dont la présence directe de l’animal est nécessaire. En prélevant l’eau de surface, les scientifiques disposent de leurs "restes", à savoir les fèces, les poils, la peau ou encore la mue.
 
 

Le milieu marin, un défi


Une première étude danoise a tenté de déterminer si l’ADN environnemental pouvait être utilisée pour détecter la présence de mammifères marins. Selon les scientifiques, son utilisation est un outil à fort potentiel en eau douce, en revanche elle représente un défi encore plus grand dans l’environnement marin, les courants, les marées ou encore la salinité de l’eau occasionnant une plus forte dilution et dispersion.

Malgré tout, les résultats de l’étude suggèrent qu’il est réellement possible de détecter la présence de mammifères marins par l’amplification de l’ADN environnemental. Cette méthode pourrait  alors s’avérer être un bon complément à l’identification visuelle et acoustique de ces mammifères.  Elle ne permet en revanche pas de dater ou de certifier la présence sur site de l’animal.

 

Prélever puis comparer


A La Réunion, l’expérimentation menée consiste à prélever l’ADN, puis à comparer les inventaires d’espèces détectées avec les données d’observations. Les scientifiques cherchent ainsi à savoir si la première méthode vient compléter la seconde.

Les premiers résultats ont permis d’identifier des baleines à bosses et des dauphins, comme des dauphins de l’Indo-Pacifique ou des dauphins long bec, observés et non observés.
 

L'ADN Environnemental: premiers résultats d'études à La Réunion

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