SREPEN : 50 ans de lutte pour la protection de la biodiversité réunionnaise

écologie
Tortue verte de Saint-Leu
©Michelle Bertil (Réunion la 1ère)
C’est au centre de soins des tortues marines que la SREPEN a choisi de célébrer ses 50 ans. La Ferme Corail, lieu d’élevage pour la viande de tortue, est devenu Kélonia suite au combat mené notamment par l’association dans les années 1980.

La Société Réunionnaise d’Etude et de Protection de l’Environnement fête aujourd’hui ses 50 ans. Depuis 1971, l’association agit pour la conservation des milieux naturels de La Réunion. Du Bois de senteur blanc à la tortue verte, la SREPEN s’engage pour la protection de la biodiversité réunionnaise.

Actions et sensibilisation

Elle réalise ainsi des études et des expertises pour la préservation du patrimoine naturel, la gestion des espaces, la restauration et lutte contre toute décision portant atteinte à ces milieux. Afin de sensibiliser le grand public à sa cause, la SREPEN organise des activités d’information.

A l’occasion de la semaine du développement durable, l’association propose une exposition sur les plantes envahissantes à Kélonia à Saint-Leu. Le choix du lieu n’est pas anodin. En effet, l’arrêt de la consommation de la viande de tortue a été un des combats majeurs de la SREPEN et d'autres associations dans les années 80.

De la Ferme Corail au centre scientifique de Kélonia

Pendant 20 ans, de 1977 à 1997, des tortues ont été engraissées dans ce qui s’appelait la Ferme Corail. La viande, l’écaille, la carapace, le cuir et le foie étaient commercialisés, pour substituer les produits sauvages par des produits d’élevage, explique Stéphane Ciccione, le directeur du centre de soins Kélonia.

Mais les conditions d’élevage étaient loin d’être satisfaisantes. La ferme s’approvisionnait en petites tortues sauvages dans les Îles Eparses. Elle fût finalement fermée au profit d’un centre scientifique dédié au soin des tortues marines.

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :

 

Un combat porté par Didier Dérand

Après avoir fait en 1992 le constat de conditions d’élevage qu’il jugeait "épouvantables", Didier Dérand a décidé de faire changer les choses. Durant 6 ans, de 1992 à 1997, il a observé, constaté et collecté les éléments pour monter un dossier, qui a ensuite été défendu devant les plus hautes instances avec à ses côté 10 associations regroupées au sein d’un collectif baptisé " SOS Tortues Marines ".

Didier Dérand a notamment porté plainte contre la France à deux reprises devant la Commission de l’Union Européenne. Egalement saisi, le tribunal administratif avait annulé l’arrêté préfectoral permettant l’importation des bébés tortues depuis les Iles Eparses. La France avait été mise en demeure par la Communauté Européenne et par la CITES d’arrêter ces pratiques illégales, explique Didier Dérand. En novembre 1994, le ministre de l’environnement décidait de mettre fin à l’élevage.

Aller à la rencontre du grand public

Pour célébrer son 50ème anniversaire, la SREPEN a également édité un livret relatant les actions historiques de l’association. Il contient en plus 4 timbres postaux de collection. Il est possible de le réserver sur le site internet de la SREPEN.

Elle tiendra aussi un stand de sensibilisation sur les espèces exotiques envahissantes dans des galeries commerciales du Port et de Sainte-Marie.