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Suicide : l’écoute attentive, l’acte d’urgence de prévention  

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Catherine Saminadin, la présidente de l'Association SOS Solitude : "nous sommes là pour donner de l'espoir, pour donner de l'amour".
Catherine Saminadin, présidente de l'Association SOS Solitude : "nous sommes là pour donner de l'espoir, pour donner de l'amour". ©Loïs Mussard
Avec 90 décès par an en moyenne et plus de 1200 tentatives de commettre l’irréparable, le suicide est une question de société à La Réunion. Le 22 février, un colloque est organisé sur le campus universitaire du Tampon sur le thème de l’adolescence. Au menu, réflexion et espoir.
La mort. La disparition. La fin. Les synonymes du suicide sont nombreux. Tranchants. Froids. Terribles. Définitifs. Si le suicide apparaît comme l’acte ultime pour solutionner des situations a priori désespérées, il n’en demeure pas moins un abandon de toute possibilité de résoudre réellement l’équation qui se pose à chacune de ses victimes. Comment trouver sa place dans la société lorsque nous sommes entraînés dans un maelstrom de difficultés circonstancielles ou existentielles ?  
 
L'écoute attentive constitue le dernier rempart entre la vie et la mort lors de la crise suicidaire d'un individu.
L'écoute attentive constitue le dernier rempart entre la vie et la mort lors de la crise suicidaire d'un individu. ©Loïs Mussard

Une interrogation pouvant survenir à n’importe quel moment de notre vie. Quelle que soit notre situation sociale. Quel que soit l’endroit où nous vivons. Qui que nous soyons. Bien sûr les statistiques mettront en exergue des conjonctures aggravantes pour étayer le passage à l’acte en identifiant des éléments "déclics", les fameux catalyseurs. Perte d’emploi. Perte de son logement. Séparation. Un triptyque où apparaissent les lignes de force de la spirale descendante. Celle où un individu socialement intégré perd pieds et sombre dans un univers de plus en plus sombre au point de ne plus croire en sa possibilité d’exister et d’aboutir à l’idée que mettre fin à sa vie constituerait un moindre mal à sa souffrance devenue insupportable. Viendront s’associer des éléments d’une virulente nocivité comme l’addiction à l’alcool, à la drogue, aux jeux…
 

Les 15-35 ans particulièrement exposés

Un phénomène aggravé dans la tranche des 15-35 ans selon les chiffres de l’ORS Océan Indien. Celle où l’individu est sensé passer du statut d’adolescent à celui d’adulte. Une transition où les questions existentielles sont exacerbées par la tension sociale liée au chômage, à la paupérisation des contacts physiques et à la perte de toutes formes de repères.

"Il n’est de problème sans solution" ou encore "la réponse se trouve dans la question". Derrière ces dictons en apparence sibyllins, se cachent en réalité l’issue potentielle à une situation considérée comme insoluble. C’est ce que des scientifiques de l’Hexagone, de l’Océan Indien et de La Réunion vont évoquer lors du colloque organisé sur le campus universitaire du Tampon le 22 février dans le cadre des journées annuelles de prévention du suicide.
Il apparaît que permettre à une personne déterminée à commettre à l’irréparable de se reconnecter à une réalité de l’instant, concrète, sensorielle, est un premier pas pour éviter le pire. L’autre étape consistant à identifier précisément le mécanisme à l’origine de la fragilisation de l’individu. Une fois établies les véritables causes de son effondrement, alors peut s’envisager l’étape de reconstruction et de la mise en route d’une spirale vertueuse en s’appuyant sur de multiples outils et protocoles.
 
Catherine Saminadin, présidente de SOS Solitude
Catherine Saminadin, présidente de SOS Solitude. ©Loïs Mussard
 

Disponible 24h/24

Pour simplifier il faut considérer qu’apparaissent trois temps. L’urgence, le constat et l’analyse. Le premier constituant la différence entre la tentative de suicide et le décès. Depuis 1985, l’association SOS Solitude concentre ses efforts sur le paramètre de l’urgence. En ouvrant une ligne téléphonique 24h/24. Gratuite. Anonyme. Un numéro de téléphone unique, le 0262 970 000, disponible telle une bouée de sauvetage prête à repêcher une personne momentanément perdue dans l’Océan de ses perturbations destructrices. Au bout de ce filin de survie, des bénévoles eux aussi anonymes, prêts à donner de leur temps, de leur empathie, de leur amour.
 

"Ecouter un acte citoyen dont nous sommes fiers"

"Ecouter c’est un acte de solidarité, un acte citoyen dont nous sommes fiers car en le faisant nous nous sentons utiles", explique Catherine Saminadin, la présidente de l’association SOS Solitude. Devenue écoutante pour le compte de l’association sans prérequis particuliers, Catherine Saminadin a bénéficié au fil du temps de formations spécifiques pour gérer les situations de stress. Elle a appris à déceler les signaux de détresses. Mais surtout, à communiquer son envie d’être là pour aider les personnes pour qui, elle et les autres bénévoles constituent le dernier rempart entre la vie et la mort.  En d’autres termes : à constituer une lueur d’espoir, pour ceux qui sont envahis par la noirceur de leur détresse.  

Contact SOS Solitude : 0262 970 000

 
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