Cyclone Emnati : des dégâts dans les champs, pénurie sur les marchés, le gouvernement annonce des mesures

océan indien plaine des cafres
Champ de tomates dévasté à la Plaine des Cafres
Les champs de tomates ont souffert après le passage du cyclone Emnati ©Réunion La 1ère
Les cultures et maraichages de La Réunion paient un lourd tribut après les passages successifs des cyclones Batsiraï et Emnati au plus près de La Réunion. A La Plaine des Cafres, les serres de tomates sont dévastées. Au marché forain du Chaudron, les salades font grises mines. Le gouvernement annonce des mesures d'aide.

Jean-Louis Rivière pensait pouvoir replanter ses tomates après le passage de Batsiraï au début du mois. Si ses serres avaient été abimées alors, l’agriculteur de la Plaine des Cafres espérait relancer sa culture dans son exploitation de 2 000 mètres carré. Mais tout a été ruiné par Emnati.

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :

Après Batsiraï, Emnati achève les exploitations agricoles de l'île. Illustration dans des serres de tomates de la Plaine des Cafres

Huit des neuf serres de l’exploitation ont été détruites. Chaque tunnel coûte entre 700 et 800 euros. Sur cette petite exploitation où environ  1 500 pieds de tomates sortent de terre, Jean-Louis Rivière effectue lui-même la plupart des travaux. Mais cette fois, il a demandé une aide au Conseil Général.

Champ de tomates dévasté à la Plaine des Cafres
Les champs de tomates ont souffert après le passage du cyclone Emnati ©Réunion La 1ère

L’agriculteur rappelle que pour les petites structures comme la sienne, la situation est plus difficile que pour les grosses exploitations qui peuvent acheter des nouveaux plants et embaucher des personnes pour replanter.  

Quand ou la fini met out largen dedan, et ki fau renouveler et ke ou la poin les moyens ki fau, c’est blocage quoi.

Jean-Louis Rivière, agriculteur

Ce matin, le représentant d’une société spécialisée est venu rendre visite à l’exploitant agricole. Objectif, trouver un accompagnement avec du matériel en corrélation avec les besoins réels des agriculteurs.

L’idée est de proposer des produits adaptés avec des coûts maîtrisés notamment en s’inspirant de contrées exotiques soumises aux mêmes aléas climatiques.  

Répercussion sur les marchés forains

Des exploitations dévastées synonymes de pénurie de fruits et légumes sur les étals des marchés forains. Il y avait moins de bazardiers ce matin au Chaudron car il y a "rupture de stocks" témoigne un vendeur.

Les gens i commence comprendre. Les prix ont augmenté après Batsiraï.

Bazardier

Salades, tomates, pommes de terre et autres brèdes se font rares. Et quand le produit est là, il n’est pas forcément en lice à un prix de beauté. Mais les bazardiers saluent la solidarité des clients.

Les gens sont solidaires. Même si c’est pas des grosses (salades), les gens achètent quand même.

Bazardier

Les vendeurs du marché forain du Chaudron espèrent un retour à la normale d'ici deux à trois semaines, si de nouvelles dégradations météorologiques ne jouent pas les invités surprises. 

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :

Marché : l'impact des cyclones

Le gouvernement fait des annonces pour les agriculteurs

Interpellé par le sénateur Jean-Louis Lagourgue, aujourd’hui, au Sénat lors de la séance de questions au gouvernement, le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu a annoncé des mesures pour La Réunion.

Sur les agriculteurs, nous allons faire quatre choses. La première des choses, Monsieur le Sénateur, c'est de réduire tous les délais d'instruction. On le sait classiquement, il faut un an. Nous allons ramener ce délai à cinq mois, ce qui sera le maximum de ce que les services de l'État savent faire en lien avec la Chambre d'agriculture de votre territoire pour instruire les différents dossiers. 

Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer

Le ministre des Outre-mer a, par ailleurs, validé le déclenchement du FSOM, le fonds de secours Outre-Mer, pour 20 communes à La Réunion. Les autres communes vont être étudiées prochainement.

Ainsi, l'ensemble des procédures de calamités agricoles, seront traitées dès le mois de mars, dans un délai particulièrement réduit. Enfin, des instructions seront données aux différents organismes collecteurs "afin de faire preuve de bienveillance sur les différentes échéances pour les cotisations sociales ou un certain nombre de rendez-vous fiscaux pour permettre à ces exploitations de passer ce cap".

Sébastien Lecornu qui a également assuré le maintien des prêts garantis par l'État pour les agriculteurs de La Réunion.