Violences policières à Paris : l'indignation trouve écho à La Réunion

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interpellation violente 17ème arrondissement de Paris
Capture d'écran de la vidéo montrant des violences policières lors d'une interpellation dans le 17ème arrondissement de Paris le 21 novembre 2020 ©Réunion La 1ère
Quatre policiers ont été placés en garde à vue suite à la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux montrant une interpellation avec violence d’un homme noir dans le 17ème arrondissement de Paris. Une affaire qui fait réagir à La Réunion.
 
Les faits se sont déroulés le samedi 21 novembre dernier dans le 17ème arrondissement de Paris. Michel Zecler, un producteur de musique d'origine martiniquaise, se rendait dans un studio d’enregistrement quand il a été contrôlé par les forces de l’ordre pour non port du masque. Mais au lieu d’une verbalisation, les images montrent l’individu être passé à tabac par les policiers : coups de pieds, de poings, de matraques. La scène, filmée par une caméra de vidéosurveillance et diffusée ensuite sur les réseaux sociaux, montre les trois fonctionnaires de police qui entrent dans le studio de musique puis en train de frapper le producteur qui résiste et tente de se protéger des coups.
 

Réactions à La Réunion


Des images qui suscitent l’émotion et la colère dans l’Hexagone et à La Réunion. Le syndicat Unité SGP Police FO rappelle ainsi que les comportements violents en dehors du cadre légal ne sont pas acceptés.

Le reportage d'Harini Mardaye et Willy Thévenin :
Les images de l'agression d'un homme par des policiers dans le 17ème arrondissement de Paris suscitent l'indignation générale, y compris ici à La Réunion
 

« c’est pas parce que nou lé noir que nou ça éte violent, que nou lé blanc que nou sa éte gentil »

E.Murin, reponsable départemental du Cran


Pour Erick Murin responsable départemental du Cran, le Conseil représentatif des associations noires de France, il y a une fracture en France, une méconnaissance des individus.

Son intervention dans le journal de 12h30 de Réunion La 1ère à (re)voir ici:
Erick Murin, invité du Journal de 12h30


Des images chocs qui changent le cours des choses


Dans leur rapport initial, les policiers ont indiqué que Michel Zecler les avait également frappés, qu’il était sous l’emprise de stupéfiants et qu’il a tenté de subtiliser leurs armes. Le producteur avait ainsi été placé en garde à vue pour « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique » et «  rébellion ». Mais la diffusion des images de vidéosurveillance a changé la donne. Désormais, ce sont les policiers qui font l’objet d’une enquête pour « violences par personnes dépositaires de l’autorité publique » et « faux en écriture publique ». L’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) s’est saisie du dossier. Les trois fonctionnaires de police ont été suspendus à titre conservatoire suite aux demandes du Préfet de Police de Paris et du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.
 

Un quatrième fonctionnaire de police pourrait également être sanctionné sur demande du ministre. La décision le concernant devrait être a été rendue ce vendredi. Les quatre policiers mis en cause dans l'interpellation violente d'un producteur de musique samedi 21 novembre à Paris sont convoqués ce vendredi à l'IGPN, selon les informations de France Info. Ils vont être entendus sous le régime de la garde à vue, toujours selon nos informations, ce qui leur permettra d'être assistés d'un avocat. Les fonctionnaires mis en cause risquent la révocation si la justice conclut à une faute a assuré le ministre de l’Intérieur.
 

La polémique soulevée par la proposition de loi de Sécurité Globale


Les images de cette interpellation avec violence ont été diffusées alors même qu’une polémique, entourant le projet de loi de Sécurité Globale, ne cesse d’enfler. Cette proposition de loi entend encadrer la diffusion des images des forces de l’ordre en intervention en sanctionnant d’une peine d’an de prison et d’une amende de 45 000 euros la diffusion d’éléments pouvant permettre l’identification des fonctionnaires de police en intervention, si celle-ci porte atteinte à leur intégrité physique ou psychique.

L’avocate du producteur a ainsi dénoncé la garde à vue injustifiée de son client et mis en avant les images permettant de mettre en lumière les circonstances de son interpellation. 

Ainsi, l’article 24 du projet de loi, qui prévoit de pénaliser la diffusion des images des policiers et des gendarmes en intervention, sera revu et corrigé a annoncé ce jeudi le premier Ministre Jean Castex. Une commission indépendante aura pour mission de réécrire l’article litigieux, voté en première lecture à l’Assemblée Nationale, et qui doit maintenant être soumis au Sénat.


 
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