Volcan : 1998, la plus longue éruption des 100 dernières années à La Réunion

catastrophes naturelles
Eruption Kapor cratère nuit
L'éruption du Piton Kapor, un record de longévité encore inégalé avec plus de six mois d'activité. ©Patrice Huet
Le 9 mars 1998, le Piton de la Fournaise se réveille après 6 ans d'inactivité. Une frénésie s’empare de la population, impatiente de se rendre au chevet du volcan. Le spectacle est au rendez-vous. Il joue même les prolongations avec plus de 6 mois d’éruption ininterrompue.
Volcan ou sa ou lé ? De 1992 à 1998, pas de réponse à la question. Au point de se demander si La Réunion est à la hauteur de sa réputation d’île volcanique intense. La population s’habitue à cette accalmie. Les scientifiques trépignent d’impatience. D’autant que sous la surface ils enregistrent du mouvement… Des secousses sismiques localisées en profondeur. Jusqu’au 9 mars.

Regardez le reportage de Réunion La 1ère : 
©reunion
 

Trois jours de crise sismique

Le Jour J, 3000 séismes sont enregistrés. Cette fois, les volcanologues les repèrent au niveau de la mer. Une migration très rapide jamais observée auparavant. Tout s’accélère. En moins d’une heure, les appareils de mesure révèlent le gonflement du massif volcanique. A 15h05, la plus longue éruption de La Réunion démarre sur le flanc nord du Dolomieu.
 
Attention photo à ne pas utiliser. Réservée à l'usage exclusif de l'article sur l'éruption 1998.
A 15h05, le 9 mars 1998, le Piton de La Fournaise sort de six années de sommeil avec l'émergence de l'impressionnant Piton Kapor. ©François Martel-Asselin

Sept fissures éruptives s’échelonnent entre 2000 et 2500 mètres d’altitude. L’activité se concentre très vite sur deux d’entre elles. La plus haute donne naissance au Piton Kapor, symbole de force, de vaillance et de solidité. De l'autre faille vont sortir les cratères Maurice et Katia Krafft.

Les époux Krafft connaissaient bien le Piton de La Fournaise pour s'y être rendus à plusieurs reprises. Les deux célèbres volcanologues français sont morts en exerçant leur passion lors d’une éruption au Japon. 
 
Les trois cônes de mars 1998
Les fissures éruptives se concentrent en deux endroits. En amont avec la naissance du Kapor. Un peu plus bas avec les cratères Maurice et Katia Krafft. ©Patrice Huet

Dès la première nuit, la route du volcan est envahie par les automobilistes qui serpentent par milliers depuis la Plaine-des-Cafres en direction du sommet. Provoquant des embouteillages sans précédent. Un système de navettes est mis en place avec beaucoup de difficultés. Les autorités ayant sous-estimé l’intérêt des Réunionnais pour leur Volcan.
 

Des milliers de visiteurs au balcon du Volcan

Après 6 ans de calme plat, faut dire que le spectacle était au rendez-vous. Avec de nombreux points d’observation depuis le Pas de Bellecombe au Nez Coupé de Ste-Rose en passant par le Piton Partage. Les importantes projections ont formé les cônes éruptifs.

Le principal courant de laves atteint les Grandes Pentes et dévale très vite dans le Grand Brûlé. Le front de coulée s’arrêtant à un mètre de la RN2.

Au total, 60 millions de m3 de lave sont déversés dans l’Enclos. Un record détrôné en avril 2007 par l’éruption du Piton Tremblet (220 millions de m3 de laves). Mais le Kapor détient toujours avec fierté le premier rang de la longévité, avec 196 jours d’activité, soit plus de six mois d’éruption.  
 
Trois éruptions en 1998, dont une hors enclos
La coulée du 9 mars 1998, longue de plus de six mois, a marqué tous les esprits. Pourtant dans le même temps, le Piton de la Fournaise a enregistré deux autres événements éruptifs.

Le 12 mars, sur le flanc ouest, il est 03 heures du matin lorsque des rougeurs illuminent l’Enclos entre le Dolomieu et le rempart en direction du Piton de Bert.  Les scientifiques ont enregistré des séismes distincts du signal du Kapor avant la sortie de lave en surface. Des prélèvements effectués et analysés ont permis de constater que la composition minérale de la lave était également différente.
La fissure ouverte à 2200 mètres d’altitude donne naissance au cratère Fred Hudson.

Hors-enclos mais sans danger

Le 9 août 1998, trois failles sont ouvertes à l’extérieur de l’enclos. Sur les hauteurs du quartier de Bois-Blanc. A environ 1700 mètres d’altitude. L’activité est peu intense. Les laves se dirigent vers le rempart pour se déverser dans l’enclos. Contrairement à l’éruption de 1977, aucune habitation n’est menacée. L’éruption hors-enclos d’août 1998 ne fait d’ailleurs aucun dégât matériel non plus.  
 
Les Outre-mer en continu
Accéder au live