Volcan : l'enclos partiellement ouvert au public

catastrophes naturelles
volcan Piton de la Fournaise
L'accès au sommet de l'Enclos est à nouveau autorisé au public par trois sentiers, mais l'état de vigilance est maintenu. Les scientifiques n'écartent pas l’hypothèse d'une éruption dans les prochaines heures ou prochains jours. ©IPR

Après 2 jours d'accalmie, la sismicité reprend sous le Dolomieu. Particularité, un séisme de magnitude 2,3 a été ressenti notamment dans la région de la Plaine des Cafres dans la nuit de mardi à mercredi, mais l'accès à l'enclos a été partiellement ouvert au public.

Les jours se suivent et la première éruption du Piton de La Fournaise pour 2021 se fait toujours attendre. Depuis 12h00 ce mercredi, l'enclos a été partiellement ouvert au public. Les éboulements initialement constatés au sommet ayant cessé. La plate-forme d'observation prisée des touristes n'est plus menacée, trois sentiers, balisés par l'Office National des Forêts, sont donc à nouveau accessibles aux amateurs désireux se rendre sur le massif volcanique.   

Les itinéraires suivants sont autorisés pour se rendre au sommet : 

  1. - Sentier Pas de Bellecombe - Formica Léo - Sentier Rivals - Cratère Caubet
  2. - Sentier Pas de Bellecombe - Formica Léo - accès au site d'observation du cratère Dolomieu (par le nord du cratère)
  3. - Sentier Kapor jusqu'à Piton Kapor

A noter que le sentier en directrion du cratère Rivals, sur le flanc Ouest, est ouvert aux randonneurs jusqu'au niveau du cratère Caubet. En revanche, la portion entre
le cratère Caubet et Belvédère sur Château Fort reste interdite d'accès en raison de la fragilité du terrain.

Etat de vigilance maintenu

L'état de vigilance est plus que jamais d'actualité au Piton de la Fournaise. Ce mercredi matin, de nouveaux séismes ont été enregistrés par l'observatoire volcanologique du Piton de La Fournaise. Ils sont localisés sous le massif du Dolomieu.

Une situation qui conforte l'hypothèse d'une mise sous pression de l'édifice volcanique principal. Depuis la mi-mars les instruments des scientifiques ont permis de constater un mouvement du magma depuis les réservoires superficiels de la Fournaise en direction de la surface. Soit à environ deux kilomètres de profondeur.   

Un séisme profond (24km) ressenti à la Plaine-des-Cafres

Une accalmie a été observée lundi et mardi. Une accalmie seulement et pas une fin d'activité prééruptive. D'ailleurs dans la nuit de mardi à mercredi, un important séisme s'est produit à 00h09 (heure locale – soit 20h09 TU). Sa magnitude a été mesurée à 2.3 sur l'échelle de Richter. Le réseau de sismomètres a permis de localiser son épicentre à 24 km sous le niveau de la mer, à une distance d’1 km à l’Est de la Plaine-des-Cafres.

Philippe Kowalski, directeur adjoint de l'Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise

Selon les scientifiques, cette secousse est également liée à un mouvement de magma. Une remontée depuis les réservoirs profonds, en direction des réservoirs superficiels. Elle a été ressentie par des habitants de La Réunion. Tout particulièrement dans la région de la Plaine-des-Cafres. 

Un appel à témoignages a été lancé par les scientifiques. Les personnes ayant ressenti le mouvement de terrain sont invitées à le signaler au Bureau Central Sismologique Français (BCSF) sur le site : 

http://www.franceseisme.fr/

Du matériel scientifique vandalisé 

Les scientifiques ont réalisé une découverte moins enthousiasmante. Du matériel dédié à l'observation des mouvements du volcan a été vandalisé. Deux stations équipées d'inclinomètres ont été détruites par des actes de malveillance.

stations vandalisées piton de la fournaise
Des appareils de l'Observatoire Volcanologique du Piton de La Fournaise ont été vandalisés. Les scientifiques ont déposé plainte pour tenter d'identifier le ou les auteurs des incivilités. ©OVPF

Le matériel était installé en bordure de l'enclos. Il permet de mesurer les déformations du massif de la Fournaise lors de la phase prééruptive, ainsi que de déterminer la direction prise par la lave. Des données utilse en matière de sécurité civile, car elles permettent de localiser les sites d'émission de lave et surtout de vérifier si les éruptions se déroulent dans l'enclos ou à l'extérieur. Avec des conséquences importantes pour la population.  

Les scientifiques ont prévu d'intervenir sur le terrain popur réparer les appareils. Ils ont également déposé plainte pour tenter de retrouver le ou les auteurs de ces incivilités.

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