Deux amies séparées par la Covid-19 racontent leur quotidien à la maison

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Anouchka Malika
Depuis quelques jours, Malika Plaa et Anouchka Milhazes sont isolées. L'une d'elle est positive à la Covid-19, l'autre est cas-contact de son fils de six ans. Voici leur quotidien depuis l'annonce des résultats.

Anouchka et Malika sont amies. Pourtant, elles ne se verront pas pendant quelques temps. La raison ? La Covid-19. Il faudra faire preuve de patience avant de se retrouver à nouveau autour d'un verre ou de pouvoir pratiquer le hockey et le volley-ball. Saint-Pierre et Miquelon connait actuellement une épidémie de coronavirus sans précédent.

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Après la détection d'un cluster au sein du club de l'amitié de Saint-Pierre, Anouchka est déclarée cas contact d'une personne positive. Après un premier test PCR négatif, elle développe des symptômes du virus. Elle est testée à nouveau. Quelques heures plus tard, les résultats tombent. La veille, c'est le fils de Malika, Rudy, qui est déclaré positif. Comme quelques uns de ses camarades, le petit devra rester isolé. Nous avons contacté les deux jeunes femmes.

Comment avez-vous réagit à l'annonce des résultats ?

Anouchka Milhazes : J'étais dégoutée forcément, mais pas très étonnée. Étant cas contact de ma grand-mère positive à la Covid, je m'attendais à un tel résultat. Nez qui coule, éternuements, maux de tête et courbatures ça ne trompe pas. C'est quand j'ai commencé à perdre le goût et l'odorat que je me suis inquiétée.

Malika Plaa : Bizarrement je m’en doutais. Rudy n'était pas en forme depuis la veille. Je savais qu’il y avait quelque chose. Dans un premier temps, je pense que c'est la colère qui domine. Ensuite, la tristesse prend le dessus et l’anxiété aussi. Mon deuxième fils n’a que deux ans et demi. C'est tout un mélange de sentiments. Ce n'est pas très rassurant en tout cas.

Comment avez-vous annoncé à votre fille que vous étiez positive/à votre fils qu'il était positif ?

A.M : L'annonce s'est faite tout simplement. Elle a compris. Je l'ai rassurée en lui disant que je porterais le masque jour et nuit. Mon objectif était de la protéger au maximum. Pour dédramatiser, je lui ai aussi dit que nous serions en vacances quelques jours. Elle m'a répondu que c'était le plus beau jour de sa vie. Les enfants s'adaptent facilement.

M.P : Nous lui avons annoncé tout simplement qu’il était positif. Avec nos mots, nous lui avons expliqué que ça allait bien se passer car nous étions tous ensemble. Mais effectivement, pour un enfant de six ans ce n’est vraiment pas simple. Il a posé beaucoup de questions et parfois nous n'avions pas de réponse à lui apporter. C'est très difficile.

Comment vous protégez-vous ? 

A.M : Dès que nous avons appris pour ma grand-mère, nous avons fait attention. J'ai expliqué à ma fille les risques et quels gestes adopter pour les éviter. Puis, quand j'ai su que j'étais positive, tout s'est renforcé. Nous désinfectons tout ! Ce que je touche et ce que la petite touche est nettoyé. Les toilettes et la douche sont désinfectées après chaque passage. Et nous aérons aussi régulièrement pour renouveler l'air.

M.P : Pour être honnête, nous avons essayé de mettre en place des gestes barrières. Mais, quand mon enfant m’a réclamé un câlin, attristé par la nouvelle, impossible de lui refuser. Nous vivons sous le même toit. Nous sommes donc dans le même bateau. C’est comme ça. Ce n'est pas un moment facile, mais j’imagine que nous ne sommes pas les seuls dans cette situation. Alors on relativise.

Rudy et Alex
Moment de détente entre frères ©Malika Plaa

 

Comment occupez-vous vos journées ?

A.M : Quand vous avez une enfant de six ans à la maison, il faut proposer des activités. On fait des petits jeux. On oublie pas les devoirs que nous transmet la maîtresse via une application. Et la période est propice aux séries et films de Noël. Mon métier ne me permet malheureusement pas de télétravailler. Je contacte aussi beaucoup ma famille et mes amies grace aux réseaux sociaux. C'est ma bouffé d'oxygène dans la journée.

M.P : Au début, Rudy était malade. Les premiers jours, nous nous sommes reposés, en attendant qu’il aille mieux. Maintenant, nous faisons des activités liées à ses devoirs. Jeux de société et même cuisine au programme. Pas toujours facile de faire plaisir à tout le monde. Je dois jongler entre les enfants et le télétravail. Nous gardons le contact avec le monde extérieur grâce a des appels vidéo avec nos amis et nos familles.

Friends
Malika et Anouchka retrouvent quelques unes de leurs amies en visio. ©Annaïg Morazé

 

Quelle est la suite pour vous ? 

A.M : Je dois observer dix jours d’isolement à compter de la date où j’ai été détectée positive. Ma fille doit être testée aujourd'hui. Si elle est négative, nous devrions être tranquilles à la fin de mon isolement. Si elle est positive, c'est autre chose. Il va falloir à nouveau observer dix jours d’isolement avec elle. Si c’est le cas, nous serions enfermées presqu’un mois au total. C'est énorme et un peu long pour le coup. Dans tous les cas, on essayera de garder le moral au maximum. Il va falloir vivre avec le virus. Il faudra respecter les gestes barrières pour ne pas devoir s'isoler à chaque fois qu’on a le nez qui coule. Je suis vaccinée et j'ai eu la chance de n'avoir que des symptômes semblables à ceux du rhume. Pas de quoi s'inquiéter.

M.P : Rudy a eu des symptômes qui font penser à la grippe. Un peu de fièvre aussi. Heureusement, ça n'a pas duré. Maintenant, nous attendons nos prochains tests pour savoir si nous serons épargnés ou pas.