Lieutenant-colonel Chauvin : "36% des mis en cause dans une affaire pénale sont des mineurs"

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Jean-François Chauvin, lieutenant-colonel de Saint-Pierre et Miquelon ©SPM La 1ère

Le commandant de la gendarmerie de Saint-Pierre et Miquelon était l'invité de l'émission Place publique ce vendredi 26 mars. Plusieurs thèmes ont été abordés avec le lieutenant-colonel Jean-François Chauvin comme la crise sanitaire, la délinquance ou les actions à venir auprès des jeunes. 

Après avoir rappelé les missions de la gendarmerie sur le territoire, et la façon dont elles s'adaptent au contexte local, le commandant de la gendarmerie, interrogé par Claire Arrossaména, a évoqué plusieurs sujets comme la crise sanitaire, les derniers chiffres de la délinquance, l'ouverture des frontières avec le Canada ou encore l'arrivée de caméras-piétons pour les gendarmes. 

Retrouvez l'entretien du lieutenant-colonel Jean-François Chauvin :

 

Crise sanitaire 

 

"Il a fallu s'adapter et s'organiser de manière à ce que la gendarmerie puisse répondre à ses missions H 24 malgré la crise sanitaire. On a travaillé en bordées, les effectifs ont été divisés par deux.  Et il y avait deux équipes dans chaque unité qui ne se cotoyaient jamais", explique le lieutenant-colonel.

Sur les missions, lors du confinement notamment, le commandant de la gendarmerie précise : "un certain nombre de missions ont été mises de côté de manière à se concentrer sur les missions prioritaires données par le gouvernement. En l'occurrence, l'exercice de la police judiciaire, les enquêtes, ont été mises de côté [...] pour reporter le temps de travail sur la surveillance du confinement et du respect des mesures de quatorzaine [...]".

Stupéfiants

 

Interrogé sur le fait que la crise sanitaire et la fermeture des frontières auraient fortement limité l'arrivée de produits stupéfiants sur le territoire, le lieutenant-colonel confirme : " les sources d'approvisonnement ont été taries manifestement". Une équipe cynophile est arrivée l'an dernier. "Évidemment lorsque les frontières rouvriront et que le trafic maritime reprendra, nous serons présents", précise le commandant de la gendarmerie. 

Mineurs

 

Interrogé par un auditeur sur la nature de la majorité des affaires traitées localement, Jean-François Chauvin répond : "Sur l'archipel, sur les 10 dernières années, on oscille entre une centaine et 150 crimes et délits par an [...]. En 2020, on a constaté 124 crimes et délits sur l'archipel [...]. Et le lieutenant-colonel d'ajouter : "en 2020, 36% des gens qui sont mis en cause dans une affaire pénale sur l'archipel sont des mineurs. Ce qui est quasiment plus de deux fois la norme nationale ". Une situation inquiétante pour le lieutenant-colonel d'autant plus qu' : " on constate qu'un certain nombre de mineurs sont connus, il sont délaissés [...], ils n'ont pas eu de cadre [...]. Ces jeunes qui n'ont pas de limite commettent des petits délits, des infractions, mais on sait, nous, que ça commence toujours par des petites choses et après ça augmente". 

Violences intra-familiales

 

"L'année dernière, on a senti une hausse de ce genre de faits [...]", explique le commandant de la gendarmerie, interrogé sur les violences conjugales et intra-familiales. Avant de préciser :" On a des gendrames qui ont une formation spécifique, qui travaillent en collaboration aves les acteurs sociaux et on a aussi des canevas d'audition préparés [...] où l'on pose les bonnes questions et on trace, de manière à ce qu'il n'y ait pas de loupé"

Parmi les autres thèmes abordés au cours de cet entretien, l'arrivée de caméras-piétons, les actions de prévention à destination des jeunes, le permis nature. Après quatre ans passés à la tête de la gendarmerie de Saint-Pierre et Miquelon, le lieutenant-colonel quitterra l'archipel en juillet pour rejoindre Chambéry.