Bientôt des moules 100% miquelonnaises

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Bientôt des moules 100% miquelonnaises
©SPM la 1ère
Saint Pierre et Miquelon est réputé pour ses fruits de mer, pour son délicieux homard et sa succulente morue. Et pourquoi pas, bientôt, pour ses moules. À Miquelon, Daniel Orsiny est prêt à relever le défi.

Depuis 2019, Daniel Orsiny s'est lancé dans la mytiliculture, plus communément appelée l'élevage de moules. L'eau pure qui entoure les îles constitue un environnement idéal pour cette activité. C'est au sud de la rade de Miquelon que ce mytiliculteur a installé son site de captage. Plusieurs rangées de filets de plus de 400 mètres où les larves de moules ont pu se fixer l'an dernier.

 

Les larves se mettent là-dessus, puis elles grossissent. Comme elles n'ont pas de prédateurs, elles ont juste à filtrer l'eau. Ce sont de bonnes conditions d'élevage. 

Daniel Orsiny, mytiliculteur


En plus d'avoir effectué un captage très généreux, la croissance des moules de Miquelon semble en très bonne voie. Daniel Orsiny prévoit jusqu'à 40 tonnes de moules récoltées au printemps 2021. Mais d'ici là, ce Miquelonnais ne perçoit aucune rentrée d'argent de son activité. 

 

Un enjeu économique pour l'archipel 


Daniel Orsiny est jeune retraité. Ayant fait carrière dans l'aquaculture, il a profité de sa pension et de sa connaissance de la mer pour lancer son propre élevage de moules. 
 

Si je n'avais pas ma retraite, je n'aurais pas pu tenir deux ans. Au début, on est à perte. Heureusement, l'État m'a un peu aidé pour l'installation et le lancement de la production mais c'est tout.

Daniel Orsiny

 


Un constat amer.  Alors que le taux de dépendance aux importations de matières premières est très élevé, Daniel Orsiny s'étonne de la lenteur des procédures d'aides au développement d'entreprises locales. 

 

J'ai déposé un dossier mais j'attends toujours. On a tout ce qu'il faut ici. On a la matière première. Il faut l'exploiter.



Les habitants de l'archipel sont très demandeurs en produits locaux. Sa première récolte n'aura pas lieu avant plusieurs mois. Pourtant, le carnet de commandes de Daniel Orsiny est déjà plein : 
 

Je vais surtout vendre à des commerçants, principalement saint-pierrais. J'ai déjà 700 kilos à 1 tonne de moules de commandées par semaine !


Un avenir prometteur pour cette jeune entreprise qui laisse présager un agrandissement de la production. Le jeune retraité prévoit la création de trois à quatre postes pour subvenir aux besoins de l'exploitation. Mais là encore le doute persiste : 
 

Je ne suis pas sûr de pouvoir embaucher du monde compétent. Si la collectivité territoriale n'investit pas dans la formation, je ne trouverai pas de main d'oeuvre qualifiée pour travailler.



De son côté, la collectivité territoriale nous a confirmé l'attribution d'une aide à hauteur de 30% du montant investi dans du matériel pour l'entreprise de Daniel Orsiny, dans le cadre du plan de subvention à la création d'entreprise. Et malgré toutes les difficultés rencontrées, la ténacité et la détermination d'un homme promettent un bel avenir à la moule "made in Miquelon".   

Reportage Karim Baïla et Claudio Arthur
 
©saintpierremiquelon



 
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