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Un câble numérique bientôt sous l'eau à Saint-Pierre et Miquelon

C’était une promesse de campagne pour l’équipe d’Archipel Demain, immerger le câble numérique sous-marin au printemps 2018 pour le voir en action à l’automne de cette même année. Un délai qui sera respecté, selon le président du conseil territorial.

© Wallis et Futuna
© Wallis et Futuna
  • Par Mathias Raynaud
  • Publié le , mis à jour le

Un projet qui avance


C'est un dossier qui n'est pas encore bouclé à 100% mais qui avance bien selon le président du conseil territorial, Stéphane Lenormand.

Comme l'avait laissé entendre son prédécesseur, le sénateur Stéphane Artano, les négociations sont toujours en cours avec les autorités canadiennes, mais cela ne regarde plus la collectivité qui a attribué le marché à l'entreprise Alcatel-Lucent Submarine Networks (ASN) depuis 2015.
Un navire câblier de l entreprise ASN © Tactis
© Tactis Un navire câblier de l entreprise ASN

Qui va se charger d'enfouir le câble au large ?


Si ASN compte utiliser son navire câblier pour immerger la fibre optique dans les eaux françaises, l'entreprise va devoir s'arranger avec une compagnie canadienne pour sous-traiter ce travail dans les eaux canadiennes. 

Un contre-temps qui lui incombe selon l'exécutif local pour qui ce détail technique ne devrait pas retarder l'immersion du câble toujours programmée pour le mois de mai 2018.

Les explications de Patrick Caillet et Jérôme Anger.

Un câble numérique bientôt sous l'eau à Saint-Pierre et Miquelon.

L'objectif "smart island" de la collectivité


C’est un projet qui est dans les tuyaux depuis plus de 10 ans pour "réduire la fracture numérique sur l’archipel", disait à l'époque Stéphane Artano. Un message mis en avant au cours de ses deux dernières campagnes pour les élections territoriales en 2012 et 2017.

L'ancien Président de la collectivité, devenu depuis sénateur, préfère désormais évoquer le "désenclavement numérique" en affirmant que l’ouverture du territoire au très haut débit renforcerait "l’attractivité économique des entreprises de l'archipel".

En attendant l'installation du câble, le conseil territorial a mandaté Archipel Développement pour l’élaboration du Schéma Directeur Territorial d’Aménagement Numérique (SDTAN) avec l'aide d'experts comme Manuel De Lara qui a remis dans son dernier rapport ses préconisations "pour faire de Saint-Pierre-et-Miquelon, une « smart island », un archipel connecté et agile".

© Fier SPM
© Fier SPM

Le coût du projet


Si la collectivité évoque toujours la somme totale de 12 millions d'euros pour ce projet sur son site internet, l'enveloppe finale pourrait être plus élevée si l'on tient compte des différents avenants sur le marché de la conception-réalisation-maintenance signé avec la société Alcatel-Lucent Submarine Networks (ASN) ainsi que les frais liés à l'exploitation de ces installations par l'entreprise Globaltel. 

Pour financer ce nouvel outil, le conseil territorial peut néanmoins compter sur l'aide de l'État via le plan "France très haut débit" acté pour un montant de 5 millions d'euros en 2013 par l'ancien Premier Ministre Jean-Marc Ayrault.

Par ailleurs, la collectivité a pu emprunter 3 millions d'euros sur 25 ans auprès de la caisse des dépôts.

© Capture d'écran / www.spm-ct975.fr
© Capture d'écran / www.spm-ct975.fr

Une affaire en justice : la bataille des opérateurs


Localement, un dossier est en cours d'instruction devant le tribunal administratif suite à l'appel d'offres émis par la collectivité en 2016 pour l'exploitation du câble sous-marin.

Il s'agit d'une requête émise par SPM Telecom pour contester la validité du contrat accordé à son concurrent Globaltel pour une durée de cinq ans et pour un montant de 1 158 884€.

La prochaine audience du tribunal administratif est programmé le 2 juillet 2018 mais il est encore trop tôt pour savoir si cette affaire sera ou non à l'ordre du jour.

Par ailleurs, un avenant à ce contrat d'exploitation prévoyait en décembre dernier une augmentation de 35,9% de l'enveloppe de Globaltel pour y intégrer la maintenance des différents sites. Un avenant qui a été résilié en janvier 2018 par la collectivité suite à une demande par courrier du préfet de l'archipel.

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