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Le délégué du préfet à Futuna: "la chefferie coutumière aime la France"

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©Dominique Fossat, le Délégué du préfet à Futuna de 2013 à 2015
Le délégué du préfet à Futuna, Dominique Fossat, a quitté son poste pour rejoindre sa nouvelle affectation en métropole. Spécificité de sa fonction, le lien permanent avec les deux chefferies coutumières de l'île ne s'est jamais rompu, en près de trois ans, en dépit de crises en série.
Dominique Fossat a dû attendre la fin du blocage de l'aéroport de Wallis-Hihifo pour pouvoir prendre l'avion le 3 décembre et quitter définitivement son poste, une ultime secousse dans la longue série de crises qui ont rythmé ses près de trois ans à Futuna, au titre de délégué du préfet.
Particularité de sa fonction, le lien avec les deux chefferies coutumières de l'île s'est parfois tendu mais ne s'est jamais rompu.

Le haut fonctionnaire va rejoindre la préfecture d'Agen, en qualité de directeur de cabinet du préfet du Lot et Garonne. A cette occasion, il est promu sous-préfet. Son passage à Futuna aura donc été un tremplin de carrière. Cette promesse de promotion figurait dans la fiche de candidature qu'il avait remplie pour obtenir le poste de délégué, une nomination qui relève d'un arrêté du ministère de l'Intérieur.
L'ironie de son accès au grade supérieur est que les coutumiers de Futuna demandent justement depuis des années la nomination d'un sous-préfet sur leur île, sans avoir obtenu satisfaction, jusqu'à présent.

L'emploi de délégué du préfet à Futuna correspond  effectivement à des fonctions de sous-préfet mais aussi de maire. Mais la réelle particularité de ce poste tient au lien permanent et direct que doit entretenir ce fonctionnaire avec les deux chefferies coutumières des deux royaumes de Futuna, Sigave et Alo. Rien ne pouvant se faire à Futuna sans les coutumiers, des qualités de diplomate sont exigées du titulaire en place.


La diplomatie de la coutume


"Le délégué est constamment en première ligne" souligne Dominique Fossat qui a connu, dit-il, une longue série de "mouvements sociaux assez forts, assez puissants. Des moments difficiles, il y en a eu pas mal" affirme le délégué.

Mais si le fil des relations avec les coutumiers s'est souvent tendu, il ne s'est jamais rompu. Ce que confirme le Safeitoga, ministre coutumier du village de Leava, Fololiano Takala: "il y a eu des hauts et des bas mais il a toujours respecté la chefferie". Un exercice qui confinait parfois à l'équilibrisme en raison de l'existence de deux chefferies rarement au diapason et de fortes divisions parmi les coutumiers de Sigave.

Les moments de tension les plus forts ont eu lieu lors de la crise de l'hôpital de Kaleveleve, mi-2015, lorsque les coutumiers ont fait pression pour renvoyer la directrice de l'établissement; L'opposition de la chéfferie au projet de quai du port de Leava, financé sur fonds européens, a également mis à mal les relations entre l'administration et les autorités locales.

En revanche la récente lettre des ministres de Sigave menaçant d'exiger l'indépendance en cas de non satisfaction de leurs revendications n'a pas ému outre mesure le délégué: " indépendance? Il ne faut pas en rester à des mots lancés pour faire réagir et pas pour un débat politique".
Lui qui, dit-il a exercé en Nouvelle Calédonie, à Mayotte dans l'Ariège et au Pays basque, conclut: "chez les coutumiers de Futuna, le sentiment d'appartenance à la France et d'amour de ce pays est beaucoup plus fort que dans d'autres territoires".

Pour son départ, le délégué du préfet a eu droit à une tournée d'adieux chez les coutumiers dans la plus grande tradition des cérémonies de Futuna.








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