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[REPLAY] Te reo tumu, la langue maternelle

  • Polynésie 1ère
  • Publié le , mis à jour le

Le 28 novembre, c’est la journée des langues polynésiennes. Une excellente date pour diffuser un documentaire sur le sujet. C’est la journaliste Cybèle Plichart qui a réalisé «Te Reo Tumu, la langue maternelle».

«Si on ne fait rien, dans une génération nous aurons affaire à une langue morte». Cette déclaration du linguiste Jacques Vernaudon est sans équivoque, le tahitien se meurt.
Pourquoi les familles de Polynésie française sont-elles en train de basculer vers le français ? Peut-on inverser la tendance?

Grâce à plusieurs personnages comme Vinitua, féru de ‘ōrero (art oratoire), ou Tevaite, qui a décidé d’«apprendre sa langue», ce documentaire propose une réflexion autour d’une langue en perte de vitesse … avec pour secret objectif de donner envie à tous de «s’y (re)mettre» et surtout de transmettre.

«C’est à chacun de nous de faire un effort»




 


Rencontre avec la réalisatrice Cybèle Plichart :
 
© Polynésie 1ère
© Polynésie 1ère

Cybèle, qu’est ce qui t’a donné envie de faire un documentaire sur le sujet de la perdition de la langue ?

"Je ne me souviens pas d’un événement en particulier. Mais je pense que c’est tout de même le retour du linguiste Jacques Vernaudon à Tahiti qui m’a donné le courage de me lancer dans l’aventure.  Je me suis appuyée sur son expertise et ses recherches pour mener à bien ce film.

Ceci dit j’ai toujours eu un grand intérêt pour le reo tahiti, et les problématiques autour des langues polynésiennes."

Quel est le constat à l’heure actuelle ?

"Même si au quotidien je voyais bien que mes collègues journalistes avaient du mal à trouver des locuteurs en tahitien pour le ve’a, je ne mesurais pas la situation.  J’ai toujours relativisé en me disant que si le tahitien se perdait à Tahiti, il était bien vivant dans les îles… Sauf que 75 % de la population est concentrée à Tahiti et Moorea ! Donc il y un vrai souci. La crainte c’est cette effroyable phrase de Jacques Vernaudon (Tahiti infos - sept 2015) : « si on ne fait rien, dans une génération nous aurons affaire à une langue morte ». C’est impensable, nous devons réagir !"

L’action des politiques est-elle en faveur de la réappropriation, de l’apprentissage et de la transmission de la langue ?

"Personnellement, je les trouve trop timides. Quand on comprend combien c’est une chance pour nos enfants d’avoir ce capital bilingue, quand on réalise les bienfaits que cela peut leur apporter au niveau cognitif notamment, je ne comprends pas pourquoi on ne s’appuie pas davantage sur cette richesse linguistique pour la réussite de nos enfants.
C’est tentant de jeter l’opprobre sur les ministres ou les enseignants, mais c’est en réalité à chacun de nous de faire un effort.  Si les familles ne sont pas elles même convaincues de l’intérêt du tahitien, alors tout cela est bien inutile.  
Beaucoup pensent qu’il faut renoncer au tahitien et plutôt se concentrer sur le français puis l’anglais ou le mandarin pour réussir… Mais le bilinguisme précoce français-tahitien (ou toute autre langue polynésienne) permet d’apprendre encore plus facilement toutes les autres langues ! Sans compter qu’en parlant sa langue, en terme d’identité, on se sent tout de même beaucoup mieux !"

Comment faire pour redonner au reo tahiti la place qu’il mérite ?

"Je ne suis en aucun cas une experte, je ne peux que tenter de relayer ce que disent les spécialistes.  Mais visiblement, les projets Ecolpom puis Reo C3 ont bien fonctionné, donc la première chose à faire : augmenter les heures de tahitien (ou autre langue polynésienne) à l’école, et en faire aussi une langue d’enseignement plutôt qu’une langue enseignée.
Pour réduire l’insécurité linguistiques des enseignants et des parents : multiplier les cours gratuits.
Occuper encore davantage l’espace médiatique en tahitien notamment sur le net, avec des produits ludiques comme l’a fait Steve Chailloux par exemple pour décomplexer le locuteur !
Produire des dessins-animés en tahitien, des comptines en tahitien, aider les associations de quartier et culturelles dans leurs activités en tahitien notamment avec les enfants… Ce ne sont pas les idées qui manquent !"

Cybèle, on te connait présentatrice du JT, moins en tant que réalisatrice. Est-ce ton premier documentaire ? As-tu d’autres projets dans ce sens ?

"Oui, c’est mon premier documentaire de 52 minutes. J’ai toujours eu le sentiment d’être faite pour ce format, c’est vraiment ce qui me correspond le plus : un travail dans le temps avec de l’émotion, de belles images…C’est ce à quoi j’aspire...."


Ci-dessous retrouvez le replay du documentaire :


Ci-dessous le documentaire  :




TE REO TUMU, la langue maternelle
Documentaire – 52 min – 2016
Réalisé par Cybèle Plichart
Produit par Polynésie 1ère
 

 

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