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Plongée dans l’industrie du concombre de mer

A Saint-Pierre, une usine traite depuis peu cet échinoderme. L’espèce, très prisée sur le marché asiatique, est peu connue dans la région. Pêchée au large de l’archipel, elle subit plusieurs traitements sur le territoire puis au Canada, avant d’être exportée. Une filière étonnante.

© Guillaume Desmalles
© Guillaume Desmalles
  • Par Emilie Boulenger
  • Publié le
Peut-être faites-vous partie des personnes qui font la grimace lorsqu’on leur parle de concombre de mer… Peut-être avez-vous déjà entendu que cet étrange animal marin projette ses intestins imprégnés d’une toxine lorsqu’il se sent menacé… Rien de bien ragoûtant, c’est vrai. Et pourtant, l’industrie du concombre de mer est lucrative et les Chinois sont très friands de ces holothuries capturées en partie en Amérique du Nord. A Saint-Pierre et Miquelon, la pêche au concombre de mer a débuté il y a plusieurs années. Une pêche particulière, bien différente de celle à la morue. Le temps passé en mer est plus court. La ressource, posée sur le fond, est moins difficile à trouver. Mais le métier reste éprouvant. Il faut veiller sans cesse les conditions météorologiques et enchaîner les traits pendant près d’une vingtaine d’heures. Les équipages ont aussi dû adapter les bateaux de façon à parquer le concombre de mer pour plus de stabilité.

Le concombre de mer est pêché au large de l'archipel, en zone française © Emilie Boulenger
© Emilie Boulenger Le concombre de mer est pêché au large de l'archipel, en zone française

Une première chaîne de traitement à Saint-Pierre

Jusque là, le traitement du concombre de mer était l’affaire des Canadiens. Désormais, la marchandise est livrée à Saint-Pierre dans une usine remise en état. Un accord a été conclu avec une entreprise basée en Nouvelle-Ecosse, Ocean Pride Fisheries Ltd. Cette dernière a investi de l’argent pour aider à la remise en état du bâtiment, en échange d’un accès à la ressource. Les concombres de mer sont donc coupés par une machine, emballés, et congelés avant d’être envoyés par container dans le pays voisin. Un long procédé de fabrication commence alors… Il peut prendre jusqu’à 60h. Chaque concombre est éviscéré, cuit, puis séché avant d’être exporté. La chair est, elle aussi, conditionnée et exportée en Asie du Sud-Est.

Chaque concombre de mer est éviscéré à la main dans l'usine située à Wedgeport, en Nouvelle-Ecosse © Emilie Boulenger
© Emilie Boulenger Chaque concombre de mer est éviscéré à la main dans l'usine située à Wedgeport, en Nouvelle-Ecosse

Les vertus du concombre de mer

En Chine, à Macao, à Hong Kong, le concombre de mer est consommé pour ses valeurs nutritives et également utilisé en médecine traditionnelle chinoise. On croit en ses vertus aphrodisiaques. On estime aussi qu’il aide à prévenir les maladies et à augmenter la longévité. La demande est là, mais cette industrie fleurissante interroge sur l’état de la ressource. A travers le monde, plusieurs espèces ont été victimes de surpêche. Et pourtant, cet animal marin joue une fonction écologique capitale. Il se nourrit de particules en suspension dans l’eau et peut ainsi filtrer les sédiments, se révélant très utile pour l’écosystème.

Après avoir séché, le concombre de mer est exporté vers l'Asie du Sud-Est © Emilie Boulenger
© Emilie Boulenger Après avoir séché, le concombre de mer est exporté vers l'Asie du Sud-Est
Ce long format réalisé par Emilie Boulenger, Claude Leloche, Thomas Detcheverry et Séverine Luberry vous emmène à la découverte de cette filière méconnue, qui suscite bien des espoirs dans l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon.
Le concombre de mer, une étonnante filière

 

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