164 ans depuis les premiers pas des premiers travailleurs Indiens sur la terre de Guadeloupe

commémorations
Commémoration Arrivée des premiers travailleurs indiens en Guadeloupe
Commémoration devant le monument du 1er jour à la Darse ©E-M. Golabkan
24 décembre 1854, 24 décembre 2018. Il y a 164 ans, les premiers travailleurs sous contrat venus de l'Inde, débarquaient en Guadeloupe pour venir remplacer la main d’œuvre servile. Un moment historique commémoré aujourd’hui à la Darse de Pointe-à-Pître.
 
Il y a 164 ans, plus de 300 travailleurs indiens contractuels débarquaient en Guadeloupe. Ils venaient du sud de l’Inde et parlaient essentiellement le tamoul maternel.
En mémoire des premiers travailleurs indiens débarqués en terre guadeloupéenne le 24 décembre 1854 à bord du navire L'Aurélie et qui font de cette île un territoire divers et multiple, une cérémonie de recueillement avait lieu ce lundi 24 décembre à la Darse de Pointe-à-Pître, devant le monument du premier jour en présence de plusieurs personnalités et du maire de Pointe-à-Pître et aussi, de nombreux descendants de ces premiers travailleurs contractuels venus d'Inde.
Commémoration de l'arrivée des 1ers travailleurs Indiens
©E-M Golabkan
 

Fred Negrit, Pdt du conseil guadeloupéen pour les langues indiennes


Après ce premier jour du 24 décembre 1854, 95 convois suivirent de 1854 à 1889 pour emmener un peu plus de 42.000 indiens avec un contrat d’engagement de 5 ans, pour se voir diriger et installer dans les régions cannières.
De ce contrat qui les liait à la Guadeloupe et ses colons, on sait que :
- il pouvait être renouvelé une fois pour une période allant jusqu'à 5 ans, toujours avec droit de rapatriement aux frais du gouvernement pour l’indien et sa famille.
Si après ce renouvellement, l'imigrant voulait rester, il devrait faire de la Guadeloupe sa terre d'adoption, en perdant le droit de rapatriement aux frais de l'Administration, c'est ce qui s'est passé pour près de la moitié.
-  il stipulait que l’indien devait être bien nourri, bien traité, bien payé, bien soigné, bien vêtu, mais la réalité était tout autre, car les conditions de vie que connurent les indiens ne furent en rien à la gloire du pays d’accueil.
(Documentation : Association Culturelle Guadeloupéenne des Amis de l'Inde)
Premiers travailleurs indiens en Guadeloupe
©guadeloupe
Dans la revue de l'Aurélie n° 16, Jack Caïlachon rappelle les circonstances dans lesquelles ces travailleurs arrivaient en Guadeloupe :

Tout comme au départ de l’Inde – de Pondichéry par exemple – existait un dépôt des émigrants, de même existait dans les colonies sucrières d’arrivée – en Guadeloupe par exemple – un dépôt des immigrants. C’était le premier endroit de son nouveau pays que foulait l’immigrant indien ; son tout premier contact avec son nouvel univers de vie et de travail. Lieu de la transformation du passager du coolie ship en un futur résident indien en Guadeloupe (où Martinique, Guyane, Réunion), ce sas était d’abord le lieu de l’accomplissement des formalités d’arrivée et d’entrée sur le territoire guadeloupéen : des formalités administratives et médicales.

Il fallait en effet, délivrer au colon - qui en avait préalablement ‘passé commande’ à l’Administration de la colonie – d'une ‘marchandise’ franche et loyale ou, pour le dire moins brutalement, l’on devait évaluer médicalement que – pour raisons de santé notamment - l’immigrant ne serait pas inapte au travail pour lequel la filière agricole guadeloupéenne d’alors le faisait venir de si loin. Il fallait également prémunir la population guadeloupéenne de tout risque de contagion épidémique à partir de passagers malades ; en cas de suspicion, et avant toute autorisation de débarquer pour le dépôt des immigrants, le navire était placé en quarantaine ; classiquement à Terre-de-Haut (archipel guadeloupéen des Saintes).

Au plan administratif, il faut ne pas oublier que, travailleur immigré, l’Indien avait donc en Guadeloupe le double statut d’étranger (à tout le moins celui en provenance de l’Inde anglaise ; celui issu de la juridiction de Pondichéry, pour français qu’il était, n’avait pas la qualité de citoyen, comme le Guadeloupéen d’après avril 1848, mais de sujet) et de travailleur. À ce double titre, c’est dans ce dépôt des immigrants que s’enclenchait la procédure de sa mise en conformité avec les règles applicables ad hoc dans la Guadeloupe de l’époque, pour la durée de son engagement et en prévision de son séjour en terre guadeloupéenne.