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Fin de l'épandage aérien en Guadeloupe

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©cc-by-nc konqui
Les deux arrêtés préfectoraux l’autorisant sont annulés : l’épandage aérien est désormais interdit en Guadeloupe. Le Tribunal administratif de Basse-Terre a rendu ses conclusions. 
POINTE-A-PITRE (FRA) (France), AFP - Le tribunal administratif de Basse-Terre a annulé lundi les arrêtés préfectoraux qui avaient, en juillet et octobre, accordé une autorisation dérogatoire d'épandage aérien de produits fongicides sur les bananeraies afin de prévenir et combattre les cercosporioses qui menacent cette spéculation agricole d'exportation, a-t-on appris à Basse-Terre.

L'épandage aérien, interdit sur le territoire de l'Union européenne, de fongicides avait été autorisé par arrêté préfectoral, en juillet, à titre dérogatoire et pour une durée de 6 mois, afin de lutter contre la cercosporiose noire, un champignon parasite qui s'attaque aux feuilles de bananiers et met en péril leur production.

L'exécution de cet arrêté avait été suspendue en référé, début octobre, par le Tribunal administratif du fait de l'autorisation d'un adjuvant huileux, le Banole (fabriqué par le pétrolier Total), n'ayant pas fait l'objet d'une évaluation spécifique pour une utilisation en épandage aérien.

Un nouvel arrêté préfectoral avait, mi-octobre, autorisé la reprise des épandages aériens de fongicides durant 6 mois, mais sans l'adjuvant incriminé. Le tribunal administratif, saisi par le préfet, avait validé cet arrêté dérogatoire, renvoyant à décembre son jugement quant au fond.

Le jugement rendu lundi annule les deux arrêtés préfectoraux successifs en se basant sur l'insuffisante motivation de la demande initiale des planteurs de bananes et sur le fait qu'aucun bilan n'avait été effectué, à l'issue de la première dérogation, avant que ne soit accordée la seconde. Le tribunal a également estimé que les effets sur l'environnement, notamment en termes de ruissellement, avaient été insuffisamment pris en compte par les deux arrêtés préfectoraux successifs.

Les 210 planteurs guadeloupéens, qui cultivent 2.057 hectares et produisent 61.000 tonnes annuelles de bananes d'exportation, sont confrontés depuis quelques mois à la cercosporiose noire, un champignon parasite, véhiculé par le vent, qui s'attaque aux feuilles de bananiers en mettant en péril leur production. La cercosporiose jaune, une variété du même champignon, sévit dans l'île depuis plusieurs années. La lutte contre les cercosporioses du bananier est rendue obligatoire par arrêté préfectoral.
Ecoutez l'analyse de Franck Aristide : 

 

7 actu pour le texte intégral du jugement
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