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La leçon de morale de Riddla

société
Riddla
©clp
TTD Orélie, est le nouveau tube de Riddla. Un titre qui a provoqué quelques interrogations mais qui mérite d’être tant écouté que véritablement compris.
"TTD Orélie" est une chanson qui provoque beaucoup d'émoi et de nombreuses réactions. D'un côté, il y a ceux -et c'est l'immense majorité- qui aiment et qui trouvent qu'il s'agit d'un morceau où l'harmonie, la mélodie et le rythme offrent une musicalité géniale ; de l'autre, il y a ceux qui, offusqués par les paroles, crient au respect de la gent féminine. Nous avons voulu savoir ce qu'il en était réellement et nous avons rencontré Riddla. C’est à une plongée dans son univers qu’il nous a invités  au cours de cet entretien.

  • Colonel Réyel a créé il y a quelques mois, une chanson où il est aussi question d'Aurélie. Est-ce quela vôtre, "TTD Orélie" est une réponse à la première ? 
Vous savez, cela arrive souvent qu’un chanteur parle à un autre chanteur à travers une chanson. Ce n’est pas une réponse, mais c’est vrai qu’il y a un lien.. On peut dire que mon « Orélie » complète l’ « Aurélie » de Colonel Réyel. Finalement, le prénom « Orélie » est symbolique, il représente les jeunes filles victimes d’elles-mêmes ou des autres. Et il y a même plusieurs type s d’ Orélie : celles qui sont victimes de l’amour, qui croient aimer un garçon et qui sont prêtes à tout pour lui. Parfois, elles ont des « accidents », elles tombent enceintes et décident de garder leur enfant. C’est ce dont Colonel Réyel parle. Et puis, il y a un autre type d’ « Orélie », toujours victime, mais cette fois de son entourage. Dans ce cas, la jeune fille pense que pour entrer dans un club « branché », il faut faire tout pour plaire à l’entourage. Ces « Orélie »-là n’ont pas bien compris les enjeux. Elles pensent qu’il suffit d’impressionner les copines avec des « bad boys ». Les gens de ma génération connaissent bien cela : on a vu des fille s’intéresser aux mauvais garçons pour épater les copines. Dans ce cas-là, les « Orélie » sont victimes de leur naïveté.

  • N’avez-vous pas l’impression de jouer au Père la morale en disant cela ? 
Pas du tout. C’est juste un conseil. Vous savez, j’ai deux enfants et j’espère bien les éduquer. Je ne me permettrai pas de donner un ordre en chantant. Témoigner de ce que j’ai vu, oui. Cela n’est pas pareil. Tout ce que je dis, c’est que faire des choses pour épater les autres, ce n’est pas du tout utile pour se sentir bien dans la société. Souvent, on le regrette. Là, je m’adrese essentiellement aux mineures qui n’ont pas toujours de capacité d’analyse et qui se prennent pour des grandes.

  • Le langage que vous utilisez est pour le moins non conventionnel, non ? Vous faites des néologismes singuliers, mais pas seulement. On a aussi l'impression d'une certaine facilité. 
En fait, ce langage, c’est celui des jeunes. On m’a souvent reproché le terme de « puterie » ou de « ochanterie ». Mais, j’ai la chance d’être sur le terrain, de cotôyer les jeunes et de comprendre leur façon de s’exprimer. En ce moment, par exemple, ils ajoutent « erie » à la fin de chaque mot . Par exemple, « je vais à la bibliothèquerie » ; je suis à la cantinerie ». Lorsqu’ils disent  « je suis puterie », cela signifie : »je suis dévergondé, sans complexe ». Idem pou « ochanterie ».
Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de réduire les jeunes filles à une catégorie pas très valorisante ?
C’est mal me connaître et mal interpréter cette chanson. J’ai déjà dit la même chose aux garçons. Rappelez-vous : « Respectew », c’est une chanson que j’ai interprétée avec Dali, Admiral T., Esa Kennenga. Là, on parlait des garçons qui font le mauvais choix, qui vont sur la mauvaise voie, pour se faire remarquer. Ils sont bien chez eux, n’ont pas de problème et pourtant, penchent vers le mauvais bord.

  • D’où vient votre nom « Riddla » ?
J’ai été baptisé comme ça dans mon quartier. Riddla, c’est un personnage de Batman qui a une double personnalité. En fait, je suis quelqu’un de timide, de très réservé. Mais lorsque je suis sur scène, je m’extériorise, comme si j’étais quelqu’un d’autre. C’est ce double aspect de ma personnalité que mes amis ont voulu souligner en m’appelant « Riddla ». Autrement, mon vrai prénom est Wesley.

Et voilà la chanson TTD Orélie, de Riddla :
Le clip TTD Orélie, de Riddla


Extrait de la chanson "TTD Orélie"
Orelie ou bel é ou jen ou entelijant
Mé sé sa pou routjen
Ou ké rétrouvew tou sel lè sa ké mal fin’
Arété fè maji pou épaté lé kopin’
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