L’Etat savait que le Chlordécone était dangereux

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mouvement ouvrier de la banane
©L. Théatin
Le rapport MULTIGNER-NARBONNE corrobore les arguments des plaignants, dans l’affaire Chlordécone. Les experts confirment que l’utilisation du pesticide est dangereux pour l’Homme et l’environnement mais, de surcroît, les autorités ne pouvaient ignorer ces effets néfastes.
L’Etat aurait-il privilégié l’impact économique, au détriment des questions sanitaires et environnementales, aux Antilles ?
Quoiqu’il en soit, on apprend aujourd’hui que les décideurs connaissaient les effets néfastes de l’utilisation de la molécule chlordécone. Cette révélation nous vient du très attendu rapport des professeurs de médecine Luc MULTIGNER et Jean-François NARBONNE, mandatés par la justice pour vérifier un certain nombre d’éléments, dans le cadre des plaintes déposées, notamment pour « empoisonnement des populations ».

 
Des preuves longtemps attendues

Par ce rapport d’expertise, versé au dossier judiciaire, les associations de plaignants sont donc confortées dans leur action, après sept années de procédure. Il constitue une avancée décisive vers la vérité.
Pour l’avocat Harry DURIMEL, l’infraction de mise en danger de la vie d’autrui est désormais caractérisée.
Invité du « Grand Direct » de 13h00, sur « Guadeloupe Première, la radio », ce mardi 22 octobre, le leader du mouvement politique « Guadeloupe Ecologie, les verts » est revenu sur les lourds soupçons qui pèsent sur les Ministres de l’époque. Il fait aussi un parallèle entre les symptômes subis par les personnes exposées au chlordécone et l’actuel climat de violence, dans nos territoires. Harry DURIMEL répondait à Franck ARISTIDE. Voici un extrait de cette interview :

Harry DURIMEL, sur l'affaire chlordécone


Pour Harry DURIMEL, le juge a désormais les indices pouvant mener à des mise en examen car, pour qu’il y ait action au pénal, les preuves sont obligatoires. Or, l’avocat considère que preuve est, là, apportée.

Retour sur les faits

La molécule Chlordécone est un pesticide qui a été répandu sur les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique durant plus une vingtaine d’années. Le produit était pourtant classé cancérigène et interdit aux Etats-Unis dès 1979. L’Europe l’a banni en 1990. Mais la France a continué d’autoriser son utilisation, exclusivement aux Antilles, jusqu’en 1993.
Désormais, les antillais doivent apprendre à se méfier de leurs ressources : eaux, fruits, légumes et produits de la mer et des rivières (poissons, crustacés, etc.) sont, pour beaucoup, impropres à la consommation…  peut-être pour plusieurs décennies.
L’affaire est instruite à Paris.
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