L'épineuse question des déchets mortuaires

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cimetière morne-à-l'eau
Le cimetière de Morne-à-l'Eau, en Guadeloupe ©WIKIPEDIA
Il n'existe pas de structure spécialisée dans le traitement de ce type de déchets en Guadeloupe. Le SYVADE, les communes et les professionnels se renvoient la balle.
Les déchets mortuaires se sont les vêtements des défunts et les métaux et le bois décomposés des cercueils qui sont parfois récupérés dans les tombes par les fossoyeurs lors du creusement de caveaux pour les familles. Ces restes doivent être détruits car potentiellement contaminés et pourtant il n'existe pas de filière pour le traitement de ceux-ci en Guadeloupe.

Traités jusqu'ici par le SYVADE

C'est l'ancien SICTOM, désormais nommé SYVADE, qui s'occupait jusqu'ici de l'enfouissement de ces déchets sur le site de la Gabarre mais la collectivité vient de dénoncer la convention qui permettait ce traitement. Les responsables du syndicat veulent qu'une filière spécifique soit crée chez nous. La décharge s'occupe exclusivement de détritus ménagers et les déchets mortuaires ne sont pas considérés comme tel. Le site de la Gabarre est censé respecter les normes environnementales européennes en matière de traitement des ordures, le SYVADE refuse donc de continuer à s'en charger. Patricia Valma, sa directrice a répondu à Eric Bagassien :

Valma


Collectivités et Etat mobilisés

La question de cette gestion a justement été posée hier lors d'un séminaire sur les déchets mortuaires organisé chez nous. Ni les collectivités, ni le Syvade, ni l'Etat, ni les pompes funèbres et ni les fossoyeurs ne sont censés prendre en charge l'enfouissement ou la destruction mais sans structure adéquate disponible sur notre territoire, il faut trouver une filière de traitement temporaire. L'association des maires demande l'organisation d'une table ronde avec tous les acteurs du secteur et les pouvoirs publics.

De nouvelles solutions

En attendant, il faut donc trouver un nouveau moyen pour détruire ces déchets. La solution optimale serait la mise en place d'un incinérateur. Un projet piloté par le SYVADE serait déjà en cours de réalisation mais ne verrait pas le jour avant 4 ans. En attendant, les fossoyeurs se retrouvent à chaque opération avec des restes potentiellement dangereux sur les bras. Leur syndicat demande la mise à disposition de bennes dans les cimetières. Une solution rejetée par les communes qui envisagent plutôt d'ouvrir un site géré par une société spécialisée dans le traitement des déchets.
C'est ce qu'a dit Dominique Biras, le vice-président de la chambre syndicale des pompes funèbes, à Eric Bagassien :

biras