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Chikungunya : vers une épidémie majeure?

Deux nouveaux cas ont été confirmés chez nous cette semaine. Aucun traitement n'existe contre le virus et le vecteur, l'aedes aegypti, est présent chez nous. Tous les éléments semblent réunis pour une propagation de la contamination.

© PHIL-CDC-GATHANY
© PHIL-CDC-GATHANY
  • Nicolas Ledain
  • Publié le , mis à jour le
La Guadeloupe, comme toutes les Antilles françaises, est touchée depuis deux semaines par le Chikungunya. Seuls 3 cas ont été confirmés chez nous pour le moment mais la contamination va probablement se propager dans les semaines à venir.

Un vecteur présent et pas de traitement spécifique

L'aedes aegypti, le moustique qui transporte le virus de la dengue, est aussi le porteur du Chikungunya chez nous. Il est donc déjà présent et bien installé dans l'archipel. De plus, le mode de contamination est exactement le même pour les deux maladies et dans la mesure où nous subissons des épidémies régulières de dengue, cela ne laisse espérer rien de bon. La propagation pourrait être sensiblement la même pour le Chikungunya lorsqu'il va commencer à se développer. 
Il n'existe aucun traitement contre le virus. Comme la dengue, la seule prise en charge est symptomatique. Les médecins prescrivent des anti-inflammatoires pour diminuer les douleurs musculaires et du paracétamol pour soigner la fièvre. Il n'y a pas de moyen de contrer le virus à part la lutte contre le moustique.
Écoutez Jean Pascal Clévy, le médecin de la Désirade, qui répond à Peggy Robert :

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Une contamination étalée

La dispersion géographique des cas de Chikungunya laisse supposer une propagation de la contamination dans les semaines à venir. En cas d'atteinte localisée, des insecticides auraient pu suffire à éliminer les moustiques mais une telle dispersion démontre que les aedes porteurs sont sans doute étalés sur le territoire. Les trois cas détectés l'ont été à Basse-Terre, dans la région de Capesterre Belle-Eau et Goyave et au Moule. L'ARS continue toutefois ses actions autour des communes touchées.

 

Une prise de conscience de la population

Depuis quelques semaines les mesures de précaution sont diffusées dans des messages sur internet et des spots télévisuels et radiophoniques. Il est recommandé de détruire les gîtes larvaires, de se protéger contre les moustiques avec des répulsifs et d'être vigilants. Des conseils bien connus puisqu'ils sont identiques à ceux de la dengue. La population semble peu à peu prendre conscience des risques et commence à se protéger sans toutefois particulièrement s'inquiéter.
Écoutez ces réactions recueillies par Pascal Pétrine :

Micro trot


Dans les pharmacies, les professionnels constatent une certaine popularité des produits anti-moustiques depuis quelques semaines. Jean-Marc Piquion est pharmacien dans la région pointoise :

piquion

 

Pas d'immunité

Contrairement à la dengue, personne ici n'est protégé face au Chikungunya. Le virus ne peut a priori pas se développer deux fois chez un même individu mais dans la mesure où c'est la première fois qu'il se présente chez nous, le risque d'une épidémie majeure n'est pas à exclure. Si vous présentez les symptômes (fortes fièvres, douleurs articulaires, des démangeaisons et plaques cutanés) consultez votre médecin au plus vite et ne cessez pas de vous protéger contre les moustiques car une personne porteuse du virus peut le passer à l'aedes pendant plusieurs jours après sa manifestation.
 


Pour plus de renseignements sur la maladie et sur les modes de contamination, un document a été mis en ligne par l'institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES).

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