Après de nouveaux blocages, l'usine Gardel appelle au démarrage de la campagne sucrière 2024

Blocage de l'usine de Gardel, lundi 4 mars 2024
Le lancement de la récolte sucrière 2024 est toujours incertain. Le kolètif de planteurs a bloqué les accès de l'usine de Gardel, au Moule, ce lundi 4 mars. Cette dernière espère le démarrage de la campagne.

La récolte de la canne à sucre n’a toujours démarré alors qu'elle était initialement prévue le vendredi 1er mars. Le kolèktif de planteurs est toujours devant l'usine Gardel au Moule.

L'ouverture de la campagne sucrière 2024 est, pour l'heure, reportée.

La réunion annoncée avec les décideurs n’a pas eu lieu, par conséquent, les planteurs sont postés devant les portes de l’usine et attendent, cette rencontre pour fixer le prix de la tonne de canne.

Les planteurs du kolèktif demandent à présent une hausse du prix de la canne à la tonne pour un montant de 120 euros au lieu de 160 euros. Une proposition "à prendre ou à laisser", selon Eugène Mardivirin, l'un des leaders du kolèktif qui n'exclut pas une "année blanche". 

On a 90% des planteurs de Guadeloupe qui sont sur les mêmes revendications. On va tous dans le même sens. Sauf pour l'instant, un seul syndicat qui ne s'est pas rallié, c'est l'UPG.

Eugène Mardivirin, kolèktif des planteurs

 

Eugène Mardivirin affirme n'avoir eu aucun retour de la direction de l'usine de Gardel, de la préfecture ou des collectivités. 

Pourtant, ces dernières se sont manifestées par voie de communiqué, ce lundi 4 mars. 

Ainsi, l'usine bloquée, a appelé "à la responsabilité et à un démarrage sans délai de la campagne sucrière 2024".

Gardel se trouve (...) dans l’obligation de fermer son site et de mettre le personnel en chômage technique. Gardel rappelle que la situation actuelle a des impacts sérieux sur l’ensemble de la filière, ses emplois et sa compétitivité et sur le revenu des planteurs.

Communiqué de presse Gardel

C'est dans un communiqué commun que le président du Conseil régional, le président du Conseil départemental et le Préfet de région se sont exprimés, en fin de journée.

Eux aussi ont rappelé les avancées et propositions faites ces dernières semaines - augmentation de
près de 30 % du prix à la tonne, meilleure répartition de la prime bagasse, mise en place
d’un intéressement au résultat de l’industriel, révision de la formule de prix pour une meilleure prise en
compte de la richesse en sucre - tout en revenant sur les demandes du kolèktif. 

Le Président du conseil régional, le Président du conseil départemental et le Préfet de région tiennent à souligner le caractère non tenable de la demande de certains syndicats agricoles sur le fondement d’un prix plancher de 120 euros. La mise en œuvre d’une telle revendication aurait un coût économique exorbitant (8 millions d’euros) qui aujourd’hui ne peut être supporté par aucun des acteurs de la filière et les mettraient en très grande difficulté.

Communiqué Préfecture, Région, Département

Pendant ce temps les cannes restent en souffrance. Et la récolte est plus que jamais menacée.