Au moins 75 tués depuis fin avril lors d'affrontements entre gangs en Haïti selon l'ONU

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Officiers de police haïtiens
Patrouille de la police haïtienne durant une opération anti-gang à Croix-des-Missions, au nord de Port-au-Prince, le 28 avril 2022. ©ODELYN JOSEPH / AP
Au moins 75 personnes ont été tuées, dont des femmes et des enfants, depuis fin avril lors d'affrontements entre deux gangs haïtiens rivaux dans la banlieue nord de Port-au-Prince, a annoncé l'ONU vendredi.

Dans un communiqué, les Nations unies se disent "vivement préoccupées par la rapide détérioration de la situation sécuritaire" dans la capitale depuis le 24 avril.
"Selon plusieurs sources, au moins 75 personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées, et 68 autres blessées jusqu'à présent", précise le communiqué.

Au moins 9 000 habitants de ces quartiers, devenus théâtre de cette guerre de gangs, ont été contraints de fuir leurs maisons et de se réfugier chez des proches ou dans des sites temporaires, tels que des églises et des écoles.

Depuis plusieurs décennies, les bandes armées sévissent dans les quartiers les plus pauvres de Port-au-Prince, mais elles ont drastiquement accru leur emprise à travers la capitale haïtienne et le pays ces dernières années, multipliant assassinats et enlèvements crapuleux.

L'ONU a dénoncé "l'extrême violence" des gangs lors de leurs affrontements, affirmant que des sources locales ont fait remonter l'existence d'"actes de violence sexuelle, y compris le viol collectif d'enfants âgés d'à peine 10 ans, pour terroriser et intimider les populations locales vivant dans des zones contrôlées par des gangs rivaux".

Pour sa part, l'agence des Nations unies pour la protection de l'enfance alerte sur les conséquences sur l'éducation de cette emprise territoriale des gangs.
"En Haïti, 500 000 enfants ont perdu l'accès à l'éducation en raison de la violence liée aux gangs", a signalé l'Unicef vendredi. "Près de 1 700 écoles sont actuellement fermées dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince", précise le communiqué de l'agence.
"Aucun enfant ne peut aller à l'école alors que des balles volent en l'air, c'est dangereux et cela ne doit pas l'être", a déploré Bruno Maes, représentant de l'Unicef dans le pays.
Mercredi déjà, le bureau de l'ONU en Haïti avait exprimé son inquiétude face à l'embrigadement d'enfants par les bandes armées.
Le gouvernement haïtien ne s'est pas encore exprimé sur cette flambée de violence qui, depuis bientôt deux semaines, place la capitale en état de siège, empêchant toute sortie sécurisée par la route vers le reste du pays.