Automobile : l'avenir est électrique... mais balbutiant

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Véhicule électrique
Véhicule électrique ©Eddy Golabkan
Le marché de l’automobile électrique devrait profiter de la hausse des prix des carburants. Mais, pour le moment, la crise Covid et la guerre en Ukraine freinent leur arrivage, en Guadeloupe, qui souffre aussi d'une trop faible disponibilité de bornes de rechargement. Quoiqu’il en soit, depuis 2019, ce marché est très dynamique.

A l'heure où les prix des carburants s'envolent, l'alternative du véhicule électrique séduit de plus en plus de consommateurs.

Mais ce type de moyens de locomotion est-il véritablement accessible à tous, en Guadeloupe.

Outre le prix, il existe des freins au développement de ce secteur, dans l'archipel.

L'électrique, en Guadeloupe

Le marché de la voiture électrique, en Guadeloupe, est encore balbutiant, même s'il a connu une hausse importante, au cours des trois dernières années.
Il a connu, en effet, une croissance importante, entre 2019 et 2021. Sur cette période, le nombre de nouvelles immatriculations a bondi de 343% ; il y a  eu 124 immatriculations en 2019 et 549 en 2021.

Les coûts des carburants, les préoccupations de certains quant à l’empreinte écologique, l'offre de plus en plus riche, la performance croissante des véhicules en termes d'autonomie... sont autant de facteurs qui ont incité les consommateurs à franchir le pas et à tourner vers ce type de véhicule.

Reste néanmoins quelques freins, comme le déploiement encore timide des bornes de recharge, localement. A domicile, au travail, ou encore en accès libre dans l’espace public, on en dénombre environ 220, sur le territoire.
C’est encore trop peu.
Alors, comment accélérer le mouvement ? Nous avons posé la question à Jean-Luc Halley. Il est directeur commercial Collectivités & Grands Comptes chez Ezdrive by Green Technologie, un opérateur privé de la transition écologique, qui travaille dans les Antilles-Guyane :

Jean-Luc Halley : "Il n'y a pas que le service public qui peut proposer des bornes, il y a aussi les copropriétés ou les syndics qui peuvent en installer (...) Les entreprises aussi ignorent qu'elles peuvent installer des bornes pour leurs employés".

  

Un contexte international tendu

Le contexte international, à savoir la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine, nuit aussi au développement de ce secteur.
On observe actuellement une hausse très importante du cout des matières premières.
Les crises actuelles freinent les politiques de "recherche développement" des constructeurs et, par conséquent, l’offre.
Enfin, les délais d'attente sont considérablement rallongés.

Par conséquent, les professionnels ont constaté un tassement de la dynamique, au premier trimestre 2022.

Quoiqu'il en soit, le bon choix à faire, est l'électrique, selon Olivier De Périgny, le président du Groupement des Concessionnaires Automobiles de Guadeloupe (GCAG) :

Olivier De Périgny : "Le coût du pétrole ne va pas baisser. On a tous compris que, même si ponctuellement il peut baisser, la tendance sera toujours à la hausse (...) Toute ça va dans le sens d'un développement des véhicules électriques".

A propos du prix, préoccupations majeure des ménages, il faut savoir que, hormis les gros SUV et les berlines, le véhicule électrique est systématiquement moins coûteux que tout autre type de motorisation. Pour un gabarit moyen et 20.000 kilomètres par an, c’est environ 1.750 €/km de dépense en moins, par rapport à un véhicule thermique.

La balle notamment dans le camp des pouvoirs publics 

Pour sûr, il y a des raisons d'espérer, pour le marché de la voiture électrique, en Guadeloupe.

Les arguments sont nombreux, pour convaincre les élus de se saisir de ce dossier, à commencer par la cause environnementale.
A l'heure où nos émissions en gaz à effet de serre deviennent délétères, il est bon de rappeler qu’une voiture électrique émet 77% de CO2 en moins qu'un véhicule Thermique.

Les pouvoirs publics doivent, par exemple, étoffer le parc de bornes de recharges, point clef du développement du secteur.
A l’horizon 2030, ils tablent sur 500 bornes en accès libre. 

Il faudra également se pencher sur la question du recyclage des batteries qui, ici comme ailleurs, est balbutiant. Dans ce domaine, outre les pouvoirs publics, les constructeurs se mobilisent pour apporter des solutions, pour leur évacuation vers l'Europe.

La collectivité régionale vient de lancer un Schéma local de développement du véhicule propre. Il s’agit essentiellement d’accélérer l’assainissement du mix électrique Guadeloupe, à travers les énergies renouvelables.