Baisse des carburants : quels impacts pour les transporteurs ?

La flambée des prix n’épargne personne.
La baisse de 25 centimes devrait être un bol d'air pour ces entreprises de transport de Guadeloupe mais la situation financière de celles-ci reste tout de même fragile. Comment réagissent-elles face à cette baisse ?

Ce matin pour Willy, livreur professionnel depuis 15 ans, c’est l’heure du ravitaillement. Avec une nouvelle restriction désormais : ne pas faire le plein du réservoir. Du gasoil rationné car son prix ne convient plus.

Willy, transporteur professionnel

©Guadeloupe

Willy n’est pas le seul à s’inquiéter. Ce transporteur possède près de 70 camions et engins de chantier. Et aujourd’hui, les faire rouler coûte presqu’une fortune.

Joaquim Gaddarkhan, directeur général de Sotradom

On est dans une consommation de 57 000 litres par mois minimum et en période de pointe, on peut aller jusqu'à 85 000 litres par mois.

Joaquim Gaddarkhan, directeur général de Sotradom

Résultat, entre 70 000 et 120 000 euros déboursés chaque mois en carburant. Une dépense qui a poussé le patron à adopter une nouvelle façon de fonctionner.

On essaye de réduire les cadences, de sensibiliser les chauffeurs notamment par rapport à la vitesse car plus on roule vite plus on consomme donc on essaye de gérer par de la pédagogie au jour le jour.

Joaquim Gaddarkhan, directeur général de Sotradom

Jean-Yves Ramassamy gère onze chauffeurs. Face à cette situation critique, lui aussi, tente de s’adapter entre la peur de ne plus pouvoir payer l’essence et d’autres dépenses.

Jean-Yves Ramassamy, président du Collectif des organisations professionnelles

On a beaucoup de difficultés, les pièces détachées ont augmenté de plus de 100%, les assurances aussi et presque tout l'ensemble de la chaîne de fonctionnement des routiers.

Jean-Yves Ramassamy, président du Collectif des organisations professionnelles

La flambée des prix n’épargne personne. Et parmi les plus touchées, les petites et moyennes entreprises qui représentent 80% des transporteurs du département. Pascal gère 18 véhicules et 18 chauffeurs. En quelques semaines, sa trésorerie a fondue. Et il peine à se fournir en carburant. Selon lui, la remise de 25 centimes promise par le gouvernement ne suffira pas.

Pascal Vanoukia, gérant de la Société Clim.fr

Non, ce n'est jamais suffisant même si c'est 25 ou 30 centimes parce que quand on fait les comptes ou notre bilan, on constate que 30% de notre trésorerie passe par le carburant.

Pascal Vanoukia, gérant de la Société Clim.fr

Au delà de la remise de 25 centimes, tous demandent des mesures ciblées. Comme le gel des carburants pour les professionnels.