Barrages : des parcours de soins entravés. L'exemple de Cynthia, qui veut devenir maman.

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FIV
(Illustration) ©Francetvinfo/(CHRISTIAN DARKIN / GETTY IMAGES)
Qui dit barrages, dit difficultés d’accès aux soins pour de nombreux patients. Combien de rendez-vous chez le généraliste, le dentiste ou le kinésithérapeute n’ont pu être honorés, à cause des difficultés de circulation ? Une femme, qui voit son rêve de devenir maman compromis, témoigne.

Des axes routiers stratégiques de la Grande-Terre et de la Basse-Terre sont entravés, dans le cadre de la mobilisation sociale débutée le 15 novembre 2021.
Certains des barrages érigés sont hermétiques. Sur des points de blocage, il faut montrer patte blanche, pour pouvoir passer. Parfois, des barricadiers rançonnent les usagers.

Quoiqu'il en soit, cela n'est pas anodins d'empêcher une population de circuler librement sur un territoire. Les conséquences peuvent être désastreuses, pour ceux qui devaient faire face à des urgences.
C'est le cas de Cynthia Phibel, engagée dans un processus de procréation médicalement assisté (PMA).

Difficile accès aux soins

L’association France Assos Santé a déjà alerté, sur cette question de l'accès aux soins de nombreux patients, du fait des entraves à la circulation.
Même si, de plus en plus, sur les barrages routiers érigés, le passage est laissé libre, pour des personnes identifiées comme étant prioritaires : les ambulanciers, les secours, les soignants, les patients, ou encore les agriculteurs.
Le fait est que cela n'a pas toujours été le cas. Et, selon des témoignages, des manifestants restent intraitables.

Sans blâmer les personnes mobilisées, Cynthia Phibel, elle-même engagée dans un parcours de procréation médicalement assistée, témoigne au nom des malades :

Cynthia Phibel : "Je pense aux dialysés, je pense aux personnes qui sont atteintes d'un cancer, aux personnes qui sont atteintes de maladies invisibles".


Toute rendez-vous annulé peut-être lourd de conséquences

Quant à sa situation personnelle, Cynthia Phibel voit ses espoirs de devenir maman quasiment réduits à néant. En raison des barrages, ses derniers rendez-vous de PMA ont été reportés sine die. Ce qui s'avère dramatique, puisque cette artiste-plasticienne et photographe aura 43 ans, début janvier ; c'est l'âge limite pour s'inscrire dans un tel processus, pour une femme.

Cynthia Phibel : "Je devais avoir cette quatrième et dernière tentative".

L'objectif de Cynthia Phibel est mettre en lumière la PMA et d’ouvrir la réflexion. Car elle sait bien ne pas être la seule à avoir eu un parcours de soins heurté. 

Cynthia Phibel : "Si je voulais parler de la PMA, c'est aussi pour dire qu'on est dans une société guadeloupéenne qui est vieillissante".