Exemple de cohabitation entre des faucons crécerelles, dits "Gligli", et les usagers d'une école

écologie la guadeloupe

Une famille de faucons crécerelles, dits "Gligli" en Guadeloupe, a élu domicile dans l'enceinte d'une école de Baie-Mahault. Afin de faciliter la cohabitation entre la communauté scolaire et ces oiseaux d'une espèce protégée, l'Office français de la biodiversité a proposé un atelier pédagogique.

Le faucon crécerelle d'Amérique, que l'on nomme "Gligli" en créole, est un bien bel oiseau.
Mais gare aux couples d'adultes, quand ils viennent d'avoir des petits ! Pour protéger leur progéniture, ils peuvent user de leur bec et de leurs griffes acérées.
Un comportement qui rend difficile toute cohabitation avec les humains. 

Or, récemment, un nid a été découvert dans le creux d'un arbre, dans l'enceinte de l'école élémentaire de Bragelogne, à Baie-Mahault...

Il a fallu l'intervention d'agents de l'Office français de la biodiversité (OFB), pour jouer les "entremetteurs" entre la communauté scolaire et les oiseaux, dont l'espèce est protégée depuis février 1989.

Nid de Gligi à l'école de Bragelogne, à Baie-Mahault
©Rémi Defrance


Difficile cohabitation

Dans le tronc de l'arbre, il y a trois petits, pas encore en âge de s'envoler et, donc, dépendants de leurs parents.
Ces derniers ne sont jamais loin. Tandis que l'un part en quête de nourriture, le second veille au grain et assure la sécurité du nid.
C'est ainsi que des enseignants ont été "attaqués", dans le parking à proximité du refuge de la petite famille de "Gligli".
Les faucons adultes ont tenté d'intimider ceux qui s'approchaient trop près. Pour eux, c'est une question de survie.

Une telle situation est forcément problématique, au sein d'un établissement scolaire, où des enfants peuvent être blessés et où les "Gligli" peuvent être délogés, voire éliminés, par mesure de sécurité.

Face à ce risque d'agression mutuelle, l'Office français de la biodiversité a organisé une action de sensibilisation.

La pédagogie au service de la cohabitation

Le 4 juin 2021, une équipe de l'Office français de la biodiversité (OFB) s'est rendue sur place.
L'Objectif des agents, dont la mission est de contribuer à la connaissance et à la préservation de la biodiversité, était d'expliquer le comportement des faucons adultes, afin de limiter les perturbations, par les usagers de l'école. 

La biologie des faucons crécerelle d'Amérique a été expliquée aux élèves et aux personnels, avant une phase très enrichissante et ludique d'observation, à distance, des oiseaux.

Nid de Gligi à l'école de Bragelogne, à Baie-Mahault
©Rémi Defrance

Pour respecter les préconisations de l'OFB, un périmètre de sécurité et de quiétude a été défini, autour de l'arbre occupé par les "Gligli". Les membres de la communauté scolaire ont été invités à ne pas déranger les animaux.

La raréfaction ou le fractionnement des habitats est l'une des causes principales de la crise actuelle qui pèse sur la biodiversité.

L'augmentation des interactions Homme/faune sauvage est un indicateur important de la perte des habitats naturels.

Office français de la biodiversité

Et, malgré les difficultés de cohabitation, entre l'Homme et l'animal, il existe toujours des solutions alternatives !

A propos du Gligli

Le faucon crécerelle d'Amérique est un rapace de petite taille.
Il est présent sur l'ensemble des continents Nord et Sud-américains.
Il se nourrit d'insectes, de lézards et de souris.
Les couples se reproduisent généralement, entre les mois d'avril et de juillet, en Guadeloupe.
La femelle pond quatre à six oeufs.
Les deux parents se relaient pour couver, durant environ 30 jours.
L'envol des petits intervient 29 à 31 jours après l'éclosion.

gligli de Guadeloupe

 

Reportage vidéo :

  • Reporter : Laetitia Broulhet
  • Reporter d’images : Rémi Defrance
  • Monteur : Frédéric Peyron
  • Opérateur de mixage : Alex Boutin
  • Habillage : Nadine Fadel