Dans l'incapacité de solder sa dette, le Siaeag serait en voie de dissolution

eau potable
Le SIAEAG
©E. Stimpfling
Fondé voilà 57 ans, le Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau et Assainissement de la Guadeloupe pourrait bien disparaitre dans les prochaines semaines. Incapable de solder une dette de 37 millions d’euros, le SIAEAG fait face à de grosses difficultés pour recouvrer des recettes.
C'est un dossier dans lequel on retrouve Philippe Gustin à la manoeuvre. Philippe Gustin, qui n’est plus préfet de Guadeloupe, rencontre demain matin les élus en charge du dossier de l’eau. Une rencontre présentée comme informelle, au cours de laquelle il devrait être question de la dissolution du SIAEAG. Le Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau et Assainissement de la Guadeloupe serait désormais en état de mort clinique ou peu s’en faut.
 

Une dette de 37 millions d'euros

Le SIAEAG traine toujours une dette fournisseurs de 37 millions d’euros. Les recettes sont en baisse. Les retards d’acheminement de la Poste en raison de la pandémie sont venus s’ajouter aux réticences des nombreux clients à régler leur facture. Des recettes dont le recouvrement est assuré par le Trésor Public depuis le 1er mai. Sur le plan opérationnel, c’est la Préfecture qui a pris la main depuis le 30 avril avec l’opération coup de poing qui a déjà permis de détecter et réparer plusieurs centaines de fuites d’eau. Bref, aujourd’hui, le SIAEAG se contente d’assurer les affaires courantes et cela se résume à payer les salaires de ses 150 salariés. Autant dire que le compte n’y est pas, d’autant que les fameux tours d’eaux se poursuivent toujours.
 

Deux options de dissolution

Soit les élus décident eux-même de dissoudre le syndicat, c’est peu probable selon plusieurs sources que nous avons contacté aujourd’hui, soit c’est l’Etat qui est une nouvelle fois à la manœuvre avec cette fois un Philippe Gustin  occupant la fonction de directeur de cabinet de Sébastien Lecornu, Ministre des Outre-mer. Dans la forme, cela se traduirait par un décret du Conseil d’Etat qui pourrait être pris durant le mois d’août.

Les salariés, eux seraient reversées dans les différentes communautés d’agglomération concernées, puisque ces dernières sont compétentes en matière d’eau et d’assainissement.

Reste enfin la question de la fameuse structure unique de l’eau. Une structure à laquelle était opposée la majorité des élus. Mais cela c’était avant les dernières élections municipales et communautaires. Depuis, des têtes sont tombées et les lignes ont bougé. Affaire à suivre…
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