L'UTS-UGTG à nouveau mobilisée à l'hôpital Beauperthuy de Mahault/Pointe-Noire

social pointe noire
UTS-UGTG à l'hôpital Beauperthuy
Reprise de la grève illimitée de l'UTS-UGTG à l'hôpital Beauperthuy de Pointe-Noire. La direction refuse de demander le départ de la directrice des soins, comme l'exige le syndicat. Mais le dialogue n'est pas rompu, entre les parties et les usagers peuvent accéder au site... sans leur véhicule.

Opération coup de poing, tôt ce matin

Ils avaient suspendu leur mouvement de grève, le 31 juillet dernier, après plus de deux mois de mobilisation. Les salariés du centre hospitalier "Louis Daniel Beauperthuy", affiliés à l'Union des travailleurs de la santé (UTS-UGTG), font à nouveau éclater leur colère, ce mardi 24 novembre 2020.

Pour marquer le coup, des barrages routiers ont été érigés, tôt, dans la matinée, rendant la circulation très difficile, aux abords de l'établissement de santé, section Mahault, sur le territoire de la commune de Pointe-Noire.
Des entraves, depuis, évacuées par les gendarmes, restés sur place, tandis que les personnels grévistes se sont retranchés à l'entrée du site, en attendant d'être reçu par le directeur de l'Hôpital.

Hormis les ambulances et les véhicules de fournisseurs, l'UTS-UGTG empêche les voitures d'accéder au site, mais les usagers (personnels non-grévistes et visiteurs) peuvent entrer à l'intérieur, à pied, selon la direction.
 

Les revendications

Une nouvelle fois, donc, les grévistes protestent notamment contre les méthodes de management de la directrice des soins de l'hôpital. Ils réclamaient déjà son départ, lors du dernier mouvement social. Un point non négociable, pour l'UTS-UGTG.
Le syndicat a aussi demandé que le directeur adjoint soit formé. Mais, comme l'a indiqué le directeur Eugène Guiriaboye, c'est une prérogative de sa compétence, en fonction des évaluations annuelles.

Afin d'entendre la souffrance des salariés, l'Agence régionale de la santé (ARS) était intervenue, en juin dernier, pour une médiation et avait diligenté une mission d'audit, dont le rapport est disponible depuis septembre.

Mais, encore à ce jour, le syndicat est sur sa faim, comme nous l'a expliqué Claudine Marathon, secrétaire générale de l'UTS-UGTG, que nous avons jointe, ce matin :

Depuis que cet audit a eu lieu, on n'a pas vu tellement les choses bouger. Tout le monde se renvoie la balle, sur ce point-là (NDLR : la demande de départ de la directrice des soins). L'ARS dit que ce n'est pas à elle de décider. Le directeur, lui, dit qu'il ne prendra pas cette décision. Donc, c'est tout naturellement que nous avons repris notre mouvement. On n'avait pas arrêté la grève, C'était bien une suspension, le temps de l'audit, pour qu'ils aient de quoi s'appuyer, quant aux dysfonctionnements que nous dénonçons. Nous pensions qu'il y aurait eu des décisions concrètes. Mais comme on ne voit personne bouger...

Claudine Marathon secrétaire générale de l'UTS-UGTG


Le fait est qu'au regard du rapport d'audit, l'hôpital ne voit de raison valable d'écarter la directrice des soins. Eugène Guiriaboye est le directeur du centre hospitalier "Louis Daniel Beauperthuy".

Rien, aujourd'hui, ne peut justifier qu'un syndicat demande le départ de la directrice des soins. L'audit ne mentionne pas d'élément qui permette de mettre en cause la directrice des soins, au point de demander son départ... ni le dossier qui a été remis par l'UTS. Pour autant, quant aux reproches qui lui sont faits, nous entendons l'organisation syndicale et j'ai fait des propositions concrètes, pour que ces reproches ne puissent plus lui être faits à l'avenir. L'organisation syndicale a en main mes propositions et j'attends de voir, avec elle, comment on peut sortir de ce conflit.

Eugène Guiriaboye, directeur de l'hôpital "Beauperthuy"


Le dialogue n'est pas rompu

En effet, les parties se sont rencontrées, hier. L'occasion, pour chacune, d'avancer ses propositions, en cours d'évolution et d'étude, de part et d'autre. Le dialogue n'est donc pas rompu et d'autres rencontres pourraient avoir lieu dans la semaine, voire dès aujourd'hui.
Autre échange ayant eu lieu : le maire de Pointe-Noire, Camille Elisabeth, est passé s'informer de la situation, dans la matinée de ce mardi, en tant que président du conseil de surveillance de l'Hôpital de Beauperthuy.

Pour autant, l'Union des travailleurs de la santé est prête à rester mobilisée "jusqu'à ce que le conflit se résolve". Le mouvement est annoncé comme "illimité".