Des chercheurs australiens créent un masque biodégradable fabriqué à partir de résidus de canne à sucre

coronavirus
Thomas Rainey et Thuy Chu Van, masques résidus canne à sucre
©Queensland technological University
Face à un nouveau type de pollution, une équipe de chercheurs australiens a mis au point un nouveau type de masque de protection contre le Covid-19. Composé de fibres naturelles, comme la canne à sucre, ce masque est biodégradable. D'autres projets sont à l'étude. 
Pour vous protéger du coronavirus, seriez-vous prêts à utiliser des masques fabriqués à partir de résidus de canne à sucre, et donc biodégradables ?
Deux chercheurs : les docteurs Thomas Rainey et Thuy Chu Van, des Australiens, ont trouvé le moyen de transformer les déchets de la canne à sucre, en matière réutilisable pour fabriquer des masques de protection…
 

Une nouvelle pollution inquiétante

Le message est dit et répété depuis plusieurs semaines déjà, les masques sont bénéfiques pour se protéger du Covid-19. Sauf, qu'ils sont également néfastes pour l'environnement. 
Et avec le déconfinement, les mauvaises habitudes sont de retour, comme celle de se débarasser de son masque chirugical en le jetant sur la voie publique. Pourtant, il faut savoir qu'un masque chirurgical met jusqu’à 450 ans à se désagréger dans la nature. 
Masque chirurgical jeté sur la voie publique pollution
©Mammiya
Un projet de loi prévoit une amende de 300 euros pour celui qui jetterait son masque dans la rue.
Face à cette "nouvelle" pollution, des initiatives de chercheurs pourraient changer la donne. Plusieurs d'entre eux réfléchissent à produire des masques biodégradables et respectueux de l’environnement. 
 

Un masque biodégradable issu de la canne à sucre

Des scientifiques australiens de la Queensland Technological University, Thomas Rainey et Thuy Chu Van, ont eu l'idée de transformer les déchets liés à la production de canne à sucre, en matière réutilisable. Matière qui servirait donc à fabriquer des masques de protection, rapporte le Brisbane Times. 
Le matériau obtenu ferait barrage aux particules inférieures à 100 nanomètres, ce qui est largement suffisant pour contrer le Covid-19. "Nous avons testé ce matériau, et nous l’avons trouvé plus efficace que les masques de haute qualité disponibles dans le commerce  pour éliminer les nanoparticules de la taille d’un virus" a expliqué le Dr Rainey. Autre avantage, son coût, peu élevé car fait à partir de déchets végétaux, et il serait moins contraignant pour respirer. D'où l'idée de production de masques faits de résidus de canne à sucre, à usage unique. 

Des premiers tests concluants ont été réalisés. Si le modèle n'est pas encore homologué, les deux scientifiques sont déjà à la recherche de partenaires financiers et industriels, afin de produire ces masques à grande échelle.
 

La course aux masques écologiques et biodégradables est lancée

D'autres projets sont en cours. C'est une vraie course qui a démarré entre différents pays.
Aux Etats-Unis, deux designers, Elizabeth Bridges et Garrett Benisch, ont fabriqué un prototype de masque en cellulose bactérienne. Flexible, ce masque se dégrade naturellement. Il est, selon ses concepteurs résistant et aussi efficace que les masques filtrant au moins 95% des particules. 

D'autres idées de prototypes circulent, comme celle de chercheurs vietnamiens qui ont créé un modèle a base de fibres de café et plastique recyclé.