Covid-19 : la prise en charge hospitalière des enfants

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Une mère et son enfant pris en charge au Pôle parent-enfant du CHU, durant la visite du médecin -janvier 2022.
Une mère et son enfant pris en charge au Pôle parent-enfant du CHU, durant la visite du médecin -janvier 2022. ©Christian Danquin
Au Pôle parent-enfant du CHU de la Guadeloupe, installé à Palais Royal, aux Abymes, la tension est palpable. Le service pédiatrique accueille les cas les plus préoccupants, parmi les enfants ayant contracté la Covid-19, de plus en plus nombreux avec Omicron. Poussons la porte de cette unité de soin.

Mercredi 5 janvier 2022, en conférence de presse, la directrice générale de l'Agence régionale de santé (ARS), Valérie Denux, a exprimé son inquiétude : depuis que le très contagieux variant Omicron de la Covid-19 est apparu en Guadeloupe (il y est désormais majoritaire), "on voit arriver des cas d'hospitalisation d'enfants (...) il y a de plus en plus de cas pédiatriques" avait-elle annoncé. 
Mais, s'ils sont plus nombreux à être touchés, très peu d'enfants développent des formes graves du virus.

Nous sommes allés voir dans quelles conditions ces petits patients sont pris en charge, au "Pôle parent-enfant" du Centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe (CHUG), qui siège à Palais Royal, aux Abymes.

Des soins sous haute sécurité

Sur place, un bébé de trois mois, notamment, est hospitalisé après avoir contracté la Covid-19.
Les règles sont strictes : personne ne peut approcher l'enfant. Les soignants, quant à eux, redoublent de précautions:

Pour tout contact avec un enfant confirmé ou suspect Covid, il est nécessaire que nous nous protégions, afin de protéger les autres enfants. Donc, pour cela, on va mettre la sur-blouse, les lunettes de protection, le masque FFP2, les gants et les sur-chaussures, avant de rentrer dans la chambre.

Manuella Ruart, infirmière puéricultrice

Béatrice Plumain, auxiliaire de puériculture et Manuella Ruart, infirmière puéricultrice
Béatrice Plumain, auxiliaire de puériculture et Manuella Ruart, infirmière puéricultrice ©Christian Danquin

Outre les procédures à parfaitement respecter, les professionnels de santé, qui assurent des gardes de 8 heures, font aussi leur possible pour apporter un peu d’amour et de réconfort.

enfant - bébé - hôpital nourrisson - prématuré
©Christian Danquin


Plus de cas, pour moins de symptômes graves

Le Dr Philippe Desprez, pédiatre chef de service, confirme les particularités du variant Omicron, qui touche beaucoup plus d'enfants, mais semble moins dangereux que les autres souches de la maladie (Alpha, Delta...).
Pour autant, les enfants jouent désormais un rôle majeur, dans la circulation du coronavirus.

Dans la première vague, les enfants étaient à peine touchés et il nous était arrivé de dire que l'enfant était juste spectateur de l'épidémie Covid et très peu acteur. Là, les choses se sont complètement inversées : il est acteur, lui-même n'est pas très touché, mais il peut être le point de départ d'une contamination intrafamiliale.

Dr Philippe Desprez, pédiatre chef de service

Autre particularité : Omicron est difficile à identifier, pour les parents, car il se manifeste souvent sous les traits d'un état grippal, d'une bronchiolite, etc. Heureusement, les complications pulmonaires sont rares.

Finalement, le pédiatre est davantage inquiet pour les personnes que les enfants peuvent contaminer, que pour les enfants eux-mêmes, dont la plupart se "défend très bien contre la Covid-19".

Dr Philippe Desprez, pédiatre ©Patrice Gonfier et Christian Danquin - Guadeloupe La 1ère
Pôle parent-enfant du CHU de la Guadeloupe, à Palais Royal (Les Abymes).
Pôle parent-enfant du CHU de la Guadeloupe, à Palais Royal (Les Abymes). ©Christian Danquin