Cuba : 62 personnes jugées après les manifestations inédites de juillet dernier

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Cuba : 62 personnes jugées après les manifestations inédites de juillet
©Ismael Francisco, AP
Ils risquent d'être punis pour avoir manifesté, les 11 et 12 juillets derniers, pour réclamer plus de liberté d'expression et l'amélioration des conditions de vie, dans leur pays. 62 Cubains arrêtés lors des manifestations seront jugés pour "désordre public". Elles risquent jusqu'à 4 ans de prison.

La Cour suprême de Cuba a annoncé, ce jeudi 5 août 2021, que 62 personnes avaient été jugées, dans le cadre des manifestations inédites sur l'île, mi-juillet, en faveur de la liberté d'expression et de l'amélioration des conditions de vie.
Le magistrat de la Cour suprême populaire, a déclaré au quotidien officiel "Granma" :

Les personnes qui ont été traduites en justice sont celles dont le comportement a constitué un délit.

Joselin Sanchez Hidalgo, magistrat de la Cour suprême populaire

Il a précisé que l'infraction principale retenue, dans 53 des cas, a été le "désordre public".

Des amendes allant jusqu'à 300 pesos (environ 12 dollars), ou des peines de prison de 1 à 4 ans, sont prévues, pour ces infractions, lors des condamnations prononcées par des tribunaux municipaux.

Des milliers de personnes ont manifesté, les 11 et 12 juillet derniers, dans plus de 40 villes de Cuba, pour dénoncer le manque de liberté et les conditions économiques précaires. Des affrontements ont fait un mort, des dizaines de blessés et conduit à des centaines d'arrestations.

Les autorités n'ont toujours pas communiqué le nombre de personnes arrêtées.

Selon des groupes de l'opposition et des médias indépendants, plus de 700 personnes ont été interpellées et placées en détention. Leurs proches se plaignent, sur les réseaux sociaux, de l'absence de procédure régulière, due à l'absence d'avocats de la défense.

En assurant du "strict respect des procédures judiciaires", le magistrat de la Cour suprême populaire atteste que :

Le tribunal a accordé toutes les facilités, pour que les défendeurs qui avaient l'intention de désigner un avocat se voient garantir ce droit.

Joselin Sanchez Hidalgo, magistrat de la Cour suprême populaire