Des actes de violences dénoncés par la direction du CHUG

hôpital
grève au CHU
©D. Quérin
Des exactions, encore, sont dénoncées par le CHUG. Le personnel et le siège de la direction générale auraient été visés. Quant aux autres usagers, patients et fournisseurs notamment, ils sont empêchés de circuler librement dans l'enceinte de l'hôpital. De quoi nuire à la prise en charge des patients

Depuis deux jours l’accès principal au CHU de la Guadeloupe est à nouveau entravé par les organisations syndicales qui filtrent l’entrée.

Communiqué du CHU - 16/12/2021

Une nouvelle fois, la direction du Centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe (CHUG) dénonce, dans un communiqué, les entraves des accès à l'établissement de santé et les actes d'incivilité dont sont victimes ceux qui y travaillent, sans compter la gêne occasionnée pour les patients et leurs proches.

Des "menaces, agressions et insultes"

Faute de pouvoir pénétrer dans l'enceinte de l'hôpital avec leurs véhicules, les personnels non-grévistes sont contraints de se garer à l'extérieur. Dès lors, ils subissent "menaces, agressions et insultes", est-il écrit.

Ce serait tout le fonctionnement du site qui serait perturbé :

Les malades accèdent difficilement à l’établissement, les fournisseurs et entreprises extérieurs sont refoulés.

Communiqué du CHU - 16/12/2021

Plus grave, toujours selon la direction, le bâtiment administratif du CHU aurait été la proie d'exactions, avant-hier et, hier, les méfaits se sont poursuivis à Ricou, extension de l'hôpital :

Mercredi, la direction générale a été la proie d’une violente opération de caillassage, les assaillants ont plus particulièrement visé le bureau du directeur général.

Ce jeudi, des manifestants ont cadenassé l’entrée de Ricou interdisant la circulation de véhicules de secours et empêchant les patients à accéder à la Plate-forme de médecine ambulatoire.

Communiqué du CHU - 16/12/2021

Pour la direction générale du CHU, "cette situation n'a que trop duré". 
La bonne prise en charge des patients est compromise.
Les personnels sont exaspérés.

Un siège qui dure depuis septembre

Pour rappel, l'Union des travailleurs de la santé (UTS, section syndicale de l'UGTG) observe actuellement un mouvement de grève contre l'obligation vaccinale, depuis le mois de septembre.
Plusieurs dizaines de salariés du CHU ont été suspendus de leurs fonctions, parce qu'ils refusent de se soumettre à cette règle, imposée par la loi du 5 août 2021. 
Son abrogation, ou l'adaptation de son application localement, a été demandée, par le Collectif d'organisations en lutte depuis le 15 novembre dernier. Mais le Gouvernement, jusqu'ici, n'entend pas revenir sur cette loi, vue au national comme un rempart sécuritaire, contre la propagation de la Covid-19, dont la cinquième vague fait déjà des ravages, dans l'Hexagone.

Par ailleurs, le 13 octobre, l'UTS-UGTG à été condamnée à libérer les accès du CHUG, suite à un référé introduit devant le tribunal de Pointe-à-Pitre, par la direction de l'hôpital.


Des exactions qui font écho, notamment à Paris

Les soutiens aux acteurs du CHU commencent à affluer.
Parmi les premiers à réagir, la sénatrice Victoire Jasmin, via son compte Twitter, a condamné les exactions commises à l'encontre du directeur général du CHUG... mais pas seulement :

Maire des Abymes et président de la communauté d'agglomération Cap Excellence, a lui produit un communiqué, jeudi, après avoir été informé "des tentatives d’ agressions dont auraient été victimes le directeur du CHU et le Sénateur Théophile". Éric Jalton prône, par ailleurs, la reprise des négociations et l'arrêt des sanctions infligées aux personnels non vaccinés.

Éric Jalton rappelle sa condamnation stricte de toutes les formes de violence et d’atteinte à l’intégrité des biens et des personnes notamment des personnels soignants, en charge de missions essentielles de service public. Il rappelle également son opposition à toutes sanctions disciplinaires ou salariales à l’encontre des personnes soumises à la loi sur l’obligation vaccinale, compte tenu des besoins actuels et à venir, en matière notamment de soins, en Guadeloupe. Enfin, Éric Jalton invite à la réactivation, au plus vite, des discussions entre le collectif en mouvement social, les élus locaux, l’Etat et le monde économique, en vue de sortir par le haut de la crise et de ses conséquences préjudiciables diverses. C’est dans le respect mutuel et le dialogue social que la Guadeloupe gagnera rassemblée !

Eric Jalton, maire des Abymes, président de Cap Excellence - 16/12/2021

Il y a eu une autre réaction, commune à une cinquantaine d'élus de Guadeloupe : les présidents du Conseil régional et du Conseil départemental, des maires, des sénateurs, des députés, des conseillers départementaux, régionaux et municipaux, condamnent dans un communiqué un "climat de terreur", ainsi que "toutes les formes de violence qui s’expriment à la faveur de cette crise sanitaire et sociale".

Les élus Guadeloupéens, conseillers municipaux, maires, conseillers départementaux, conseillers régionaux, députés, sénateurs, réunis le jeudi 16 décembre 2021 (...)

Rendent hommage au travail des professionnels et cadres de santé du CHU, au premier rang desquels le Directeur Général Gérard COTELLON et leur apportent un soutien sans faille.

Marquent leur ferme indignation face aux exactions commises au domicile du sénateur THEOPHILE et leur totale solidarité à ce dernier ainsi qu’à sa famille

Communiqué des élus guadeloupéens - 16/12/2021

Le Ministre de la santé a aussi apporté son soutien à Valérie Denux, directrice de l'Agence régionale de santé (ARS) et à Gérard Cotellon, directeur général du CHUG, hier (jeudi 16 décembre).
L'occasion, pour Olivier Véran, de faire de la politique et de répondre aux attaques dont le gouvernement a fait l'objet, ses derniers jours, de la part de Jean-Luc Mélenchon, à l'occasion du déplacement ce celui-ci en Guadeloupe, en tant que candidat à l'élection présidentielle de 2022.

Enfin, ce vendredi matin, le préfet de Guadeloupe, Alexandre Rochatte, a donné son point de vue, sur les faits précités. 

Cette situation intolérable porte atteinte au libre exercice de la médecine et à la prise en charge des patients, dans de bonnes conditions. Ces actes de délinquance visent expressément le monde médical engagé au service des Guadeloupéens, durant la crise sanitaire.

Alexandre Rochatte, préfet de la région Guadeloupe, condamne ces actes avec fermeté et rappelle que des plaintes ont été déposées et que des poursuites seront engagés. Il tient à apporter tout son soutien à l’ensemble des personnels du CHU.

Communiqué du préfet de la région Guadeloupe - 17/12/2021

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