Des entreprises face à l'inconnu à la CTAP sur la relance économique

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CTAP RELANCE
Les entreprises, soutenues à bout de bras par l'Etat et les collectivités territoriales, sont au bord du naufrage. Elles ont été conviées à une conférence territoriale pour évoquer la relance. Objectif : proposer des solutions pour les aider à ne pas s'écrouler et à repartir. 
"Merci pour vos aides, mais cela n'a pas suffi". Ces mots du président de l’UDE-MEDEF Guadeloupe illustrent à eux seuls le climat d’inquiétude du monde économique, alors que les entreprises sont sous perfusion des aides économiques de la Région, du Département et de l’Etat et de certaines EPCI.


Octroi de prêts garantis : La Guadeloupe, 2ème département d'Outre-mer

La Guadeloupe est le deuxième département d’Outre-mer, après la Réunion, à avoir bénéficié des prêts garantis par l’Etat, selon le secrétaire général de la préfecture : 113,179 millions ont été accordés à 358 entreprises guadeloupéennes. Un peu plus de 195 millions d’euro de prêts sont en cours de validation par les services bancaires.
 

La crainte d'un effondrement

Patrick Vial-Collet, Président de la CCI Îles de Guadeloupe
©L.Theatin

Selon Patrick Vial-Collet, le président de la CCI Îles de Guadeloupe, les entreprises sont passées par 3 phases. Première phase, la fermeture des entreprises par décision unilatérale de l'Etat. La 2ème phase les aide à traverser la crise grâce aux outils financiers mis à leurs disposition.

« La 3ème phase est celle qui nous préoccupe le plus : la phase de redémarrage. Nous allons libérer l’économie sous des contraintes majeures. C’est là que nous ne sommes pas bien préparés ».


Patrick Vial-Collet redoute un déconfinement dans de mauvaises conditions.

"Cela nous conduirait à un nouveau confinement. (…) Je crains l’effondrement des entreprises. Quelques centaines d’entreprises meurent chaque jour. Si vous repoussez le déconfinement de 30 jours, ce sont des milliers d’entreprises qui vont mourir ; le risque d’effondrement n’est pas écarté."


Gabriel Foy, le président de la chambre des métiers et de l’artisanat est aussi pessimiste.

« Je ne voudrais pas que nos entreprises se précipitent vers le Centre de formalité des entreprises pour fermer ».


Gabriel Foy alerte sur le développement du marché informel. Il demande, pour protéger la production locale de masques, d’augmenter la taxe d’octroi de mer sur les importations de masques.


2020 doit être une année zéro pour les entreprises

Pour Alan Nagam, le président de la Fédération des très petites entreprises d’Outre-mer, outre un plan de relance, il faut faire de 2020 une année zéro, et utiliser les mesures exceptionnelles du Codefi, qui aident au désendettement des entreprises grâce à un plan d’apurement leur permettant d’accéder aux prêts bancaires.
 

Pas de stabilité pour les entreprises du BTP avant la fin de l'année

José Gadarkan, président de la FRBTP
©L.Theatin

Le président de la Fédération des entreprises du BTP de la Guadeloupe demande de redémarrer les chantiers au plus vite. José Gadarkan a averti que les entreprises n’allaient pas retrouver leur stabilité avant la fin de l’année 2020. Il est très inquiet suite à l'annonce par le Premier Ministre de la fin du dispositif de l'activité partielle au 1er juin. 

« Il faut s’attendre à une explosion du chômage si l’activité partielle n’était financée par l’Etat que jusqu’au 1er juin ». José Gadarkan


Et  les propos d’Eric Jalton, maire des Abymes et président de cap Excellence, n’ont guère été rassurants.

"Demain, si on déconfine, le nombre de cas augmentera. On le sait. L’essentiel, c’est qu’on puisse résister »

Prenant sa casquette de médecin, il appelle à une discipline stricte y compris dans les entreprises : port du masque et de lunettes partout pour se protéger les yeux et une mise niveau en matière de tests et de ventilateurs pour la réanimation.
Pour les entreprises exerçant sur le territoire de Cap Excellence, Eric Jalton annonce

« zéro facture non payées au 30 avril , une baisse des recettes fiscales de 800 000 euro, et un plan d’accompagnement de 11,5 millions euros inscrits au budget primitif. »


Présente, la FDSEA a réclamé l’annulation des dettes fiscales et sociales pour 2019 et 2020 pour les agriculteurs. Josette Borel Lincertin, la présidente du Département a annoncé une année blanche pour leurs loyers fonciers pour l’année 2019.


Un secteur touristique en plein naufrage 

Le tourisme suscite toutes les inquiétudes. Le problème c’est que personne ne sait quand reprendra le trafic aérien. En Attendant, c’est sur les résidents Guadeloupéens que va miser le Comité du tourisme des îles de Guadeloupe.
Il prévoit une coopération avec la Martinique et Atout France pour développer la destination Antilles françaises...peut-être en novembre.

« Nous avons besoin d’une date. Si le tourisme reprend en novembre, Président tu vas reconstruire le tourisme sur des cendres » Patrick Vial-Collet


Le Président de la CCI qui est aussi à la tête d'un grand groupe hôtelier haut de gamme. L'un de ses hôtels est récemment devenu  l'unique cinq étoiles de l'archipel, avec des investissements conséquents. 

Nicolas Vion, le président du groupement hôtelier et touristique de la Guadeloupe demande aux  présidents des conseils régional et départemental et aux parlementaires leur intercession auprès du gouvernement et d’Emmanuel Macron.

« Dans l’Hexagone, les gens vont recommencer à circuler. Nous, nous sommes tributaires de l’aérien. Nous avons entendu le Président de la République dire que le chômage partiel serait financé pendant un an, puis cela a été pendant 6 mois, maintenant c’est jusqu’à juin. »


Il demande des mesures de différenciation pour les Outre-mer.

« Nous avons besoin que le chômage partiel soit financé jusqu’à la fin de l’année. Le chômage coûterait beaucoup plus cher que le chômage partiel. Il ne faut pas ajouter à la crise des erreurs de gouvernance. »

Le président du MEDEF Guadeloupe, Bruno BLANDIN propose à la Région de faire un emprunt obligataire de 450 millions d'euros sur 30 ans. Ary Chalus dit  qu'ils y ont réfléchi. il ajoute :

"Je ne suis même pas sûrs que 450 millions d'euros suffiront", Ary Chalus


Ayant la compétence avant tout sociale, Le conseil départemental, lui, se prépare.

« Nous savons que nous serons fortement sollicités dans les semaines et les mois à venir, en tout premier lieu sur le front du RSA », Josette Borel Lincertin

Elle a annoncé une contribution d'1 million d'euros au Fonds national de solidarité financé par l'Etat et les Régions.
Ary Chalus, Josette Borel Lincertin et les parlementaires sont en visioconférence ce jeudi 30 avril avec le Président de la République, pour plaider la cause des entreprises guadeloupéennes et la nécessaire différenciation appelée de leur voeux. 
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