Deux fois moins de dossiers de surendettement en Guadeloupe que dans l’Hexagone

Le surendettement
. ©Avocat
Comme chaque année, l’IEDOM (Institut d’émission des départements d’outre-mer) publie ses données en matière de surendettement. C’est la commission de surendettement qui étudie ces dossiers. Elle se réunit une fois par mois et elle est présidée par le préfet. Sa mission : trouver un accord à l’amiable avec les créanciers.

Elles n’arrivent plus à payer leurs crédits, leur prêts immobiliers, leurs loyers, leurs factures d’eau ou d’électricité. En Guadeloupe, 400 dossiers de surendettement sont déposés en moyenne chaque année auprès de l’IEDOM. C’est deux fois moins que dans l’Hexagone.

Tout d'abord, contrairement à une idée reçue, peu de Guadeloupéens sont surendettés. 400 dossiers rapportés à la population globale, c'est beaucoup moins que dans l'Hexagone.

En fait on a deux fois moins de dossiers qu'on devrait avoir par rapport à la métropole ; on explique cela par le fait qu'il y a sans doute l'entraide familiale d'avantage qu'en métropole , c'est à dire qu'en on est une personne en difficulté pour rembourser ses dettes on fait appel à la famille d'avantage, mais pour autant, aussi, je pense qu'ici, trop souvent les gens hésitent à déposer un dossier, peut-être parce que on est une petite île et que les gens ont peur que cela se sache

Thierry Beltrand, directeur de l’IEDOM Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy
Dossier Surendettement
. ©IEDOM

La confidentialité est pourtant préservée lors du dépôt d'un dossier de surendettement. Ensuite, si les personnes surendettées en Guadeloupe doivent d'abord de l'argent à leur banque, les dettes de logement et d'énergie sont de plus en plus fréquentes. 

L'endettement bancaire reste majoritaire, mais pour autant, de plus en plus, on voit dans les dossiers, de plus en plus de charges dites courantes, c'est à dire, des loyers...pour payer votre loyer auprès de votre bailleur social, ou bien même des charges d'eau, d'électricité, d'impôt, qui sont de moins en moins payées...

Thierry Beltrand, directeur de l’IEDOM Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy

Enfin, contrairement à l'Hexagone, ce sont majoritairement des femmes qui déposent des dossiers de surendettement. 

C'est une caractéristique en Guadeloupe c'est de voir que, parmi nos surendettés, ce sont très largement et majoritairement des femmes, à 70% ce sont des femmes, alors qu'en métropole c'est à peu près la moitié, conformément à la répartition de la population, et des femmes souvent seules, divorcées ou séparées ou célibataires, et avec un enfant. C'est ça la caractéristiques du surendettés : c'est une femme avec un enfant, seule.

Thierry Beltrand, directeur de l’IEDOM Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy
Commission de surendettement
. ©Adminstration

Un divorce, une perte d'emploi, un problème de santé, les accidents de la vie sont très souvent à l'origine du dépôt d'un dossier de surendettement et il n'y a pas de honte à faire cette démarche. Mais le plutôt c'est le mieux. 

Si vous tardez, vous risquez l'expulsion, vous risquez des poursuites judiciaires, vous risquez des frais.. Donc, il faut vite y mettre un terme et ne pas hésiter, il n'y a pas de honte à ça, à aller voir un assistant social et éventuellement, de déposer un dossier de surendettement, dans tous les cas on trouvera une solution.

Thierry Beltrand, directeur de l’IEDOM Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy

Mais attention, la commission de surendettement n’est pas une instance d’effacement des dettes.

Les dossiers de surendettement peuvent être déposés à l'IEDOM, à Dothémare aux Abymes, en ligne sur le site de l'IEDOM ou par courrier.

Il sera bientôt possible de déposer ces dossiers de surendettement également dans 2 BAI, Bureaux d’accueil et d’information : 1 dans le sud Basse-Terre (commune à déterminer) et 1 à Marigot à Saint-Martin (au sein de la mairie), 2 bureaux qui doivent rouvrir dans le courant du mois de mai.

*le FICP = Le Fichier des Incidents de Remboursements des Crédits aux Particuliers