"Deux victimes" à la barre du tribunal judiciaire de Basse-Terre

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Caroline Parize
Arrivée de Caroline Parize au Palais de justice de Basse-Terre ©E. Stimpfling
Au sixième jour d'examen de la gestion de la Communauté d'Agglomération du Sud Basse-Terre, ce sont trois entrepreneurs pris dans les engrenages de l'affaire qui ont eu à répondre ce mardi aux questions du tribunal. Les débats ont essentiellement porté sur les rôles respectifs de Caroline Parize et d'Hervé Belan.

Pendant plus de 4 heures ce mardi matin, Caroline Parize a tenté d’expliquer ce fameux contrat de fourniture et d’entretien de bacs à déchets signé en 2014 avec la CASBT. Contrat qui lui vaut d’être poursuivie pour recel de détournement de fonds publics.

Dans ce dossier, l’ancienne gérante de la société SFM estime être une victime.  Victime de son fournisseur allemand qui lui propose de répondre à l’appel d’offres. Victime de l’incompétence du service de l’environnement de l’ancienne communauté d’agglomération du Sud Basse-Terre, coupable selon elle d’ordres de services fantaisistes.

Victime enfin d’un lien familial supposé, fantasmé puis récusé avec l’ancienne présidente de la communauté d’agglomération.
- "Non, je ne suis pas la nièce de Lucette Michaux Chevry. Non je n’ai pas bénéficié d’un traitement de faveur. C’était mon premier marché avec la CASBT," 

- "Oui mais quand même, relance le président;  il y a cette mention « service fait « signé de la main même de la présidente." "Et puis, ajoute le procureur, il y a cette directive adressée à la responsable financière de la la CASBT : « il faut faire un effort pour ma nièce." Nièce, le terme n’est pas anodin ?"

"Je ne sais pas. Fred Madinecouty appelait bien Lucette Michaux Chevry "maman""

Caroline Parize.

Me Evita Chevry, avocate de Caroline Parize

©Guadeloupe

Les avocats
. ©E. Stimpfling

« Je ne sais pas. Je ne suis pas au courant, j’ignore tout ». Ces phrases reviennent comme des leitmotivs tout au long de l’audition Hervé Belan durant l'après-midi. Le président de la holding HBFC, qui détient AquaTp et Hydrogec, nie en bloc les surfacturations, les fausse factures, les versements en liquide : 

« C’est Franck Chevrere qui assurait le fonctionnement opérationnel. Moi, je gérais plutôt le back-office. Et puis j’étais souvent absent. Je m’étais installé à Saint Barth ».

Hervé Belan

Bref, à l’écouter, lui aussi est une victime, victime du comportement de ses subordonnés. Et pourtant trois entrepreneurs et deux cadres d’AquaTP  l’ont redit à la barre depuis le début de ce procès: Hervé Belan était non seulement au courant mais il était également au cœur du système.

Hervé Belan doit répondre de complicité de détournement de fonds publics.

Me. Raphaël Lapin, avocat d'Hervé Belan

©Guadeloupe

L'audience a été suspendue en fin d'après-midi, elle reprendra demain matin.