Quatre jours après une première mobilisation générale, jeudi dernier (20 mars), organisations syndicales de l'enseignement et associations de parents d'élèves, ont, à nouveau, défilé dans les rues de Pointe-à-Pitre, ce mardi 25 mars. Ils dénoncent des dysfonctionnements au sein de l'éducation en Guadeloupe.
Comme la semaine dernière, de nombreux établissements sont restés fermés, ce matin. Plus d'une trentaine, dans le premier et le second degré selon les grévistes.
Selon le rectorat, l'estimation du taux de grévistes dans le 1er degré est de 10,24% et de 25,19 % dans le second degré.
Sur le terrain, les revendications et slogans scandés depuis plusieurs mois déjà, par les organisations syndicales : non aux suppressions de postes et aux fermetures de classes.
Au-delà de ces réclamations, pour tous les enseignants qui ont battu le pavé, ce matin, les difficultés que connaissent les élèves de l'archipel sont graves et nombreuses.
Valérie Francius-Figueresen dresse un amer constat : "Il y a un problème structurel en Guadeloupe de déficit de service public de l'éducation" explique la co-secrétaire académique du SNES-FSU.
Pour Jean Dernault, secrétaire général du SPEG (syndicat des personnels de l'éducation en Guadeloupe), la situation actuelle "n'est pas une fatalité", mais il l'assure, "nous pouvons faire mieux".
Sur ce point, les syndicats sont unanimes. Michel Letapin, secrétaire général de l'UNSA estime qu'il est aujourd'hui temps d'aller plus loin et d'analyser l'enseignement en Guadeloupe.
De syndicat en syndicat, c'est le même discours. Les suppressions de postes et les fermetures de classes annoncées sonnent comme un dialogue de sourds.
Dans les rangs, de nombreux parents, inquiets pour l'avenir académique de leurs enfants. Clarine Tranchant, présidente des parents d'élèves de l'école Germaine Lantin, au Gosier qui verra disparaître une classe, à la rentrée prochaine, ressent un sentiment "d'injustice".
Aujourd'hui, on veut un vrai dialogue avec l'Etat, avec les élus, avec le Rectorat, pour être vraiment entendus. On en peut plus supporter cette injustice.
Clarine Tranchant
Tous espèrent être entendus et que la grande réflexion attendue sur l'enseignement en Guadeloupe soit suivie de gestes forts des décideurs.