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L'entrée à l'université revue et corrigée par le gouvernement

Après bien des déboires et tout autant de critiques, le système "Admission Post-Bac, s'apprête à laisser la place à une nouvelle plate-forme, « Parcoursup ». Elle ouvrira dès le 15 janvier. Les lycéens pourront inscrire dix vœux maximum et recevront les réponses  à partir de mai.

  • FJO.
  • Publié le
En examinant dés le mois de novembre dernier le projet de loi sur sa réforme des universités, le gouvernement a voulu aller vite. En premier lieu parce que les dysfonctionnements du système "APB", Admission Post-Bac, avaient laissé un goût amer, y compris au gouvernement qui héritait d'un problème dont il n'était pas l'auteur et devant lequel il avait fallu faire face.
De fait, le nouveau projet veut à la fois en finir avec le tirage au sort d'APB mais surtout, il vise à mieux former les étudiants français.
Avec « Parcoursup », ce n'est donc pas seulement l'entrée à l'université qui est revisitée mais c'est surtout la réussite des étudiants que l'on veut garantir. Désormais, il va falloir s'assurer des prédispositions de l'étudiant pour les filières briguées par lui. S'il n'est pas fait mention d'une sélection à l'entrée, l’inscription dans une formation en licence générale sera « subordonnée à l’acceptation, par le candidat, du bénéfice des dispositifs d’accompagnement pédagogiques ou du parcours de formation personnalisé proposés par l’établissement pour favoriser sa réussite ». 

Des prédispositions et des capacités 

Ainsi, pour suivre une licence de gestion, il faut, entre autres capacités, « savoir mobiliser des compétences d’expression écrite et orale en français et en anglais afin de pouvoir argumenter un raisonnement », « disposer de capacités de travail et de réflexion, collectives et en autonomie » ou encore « avoir un intérêt pour le monde de l’entreprise et les domaines socio-économiques et managériaux ».

De même, pour entreprendre des études de santé, il faut déjà posséder « de bonnes connaissances et compétences scientifiques » et être capable de « fournir une très importante quantité de travail personnel, être capable de le programmer et de s’y tenir dans la durée ». Mais il faut aussi « disposer de qualités humaines, d’empathie, de bienveillance et d’écoute ».

Dernier exemple en la matière, pour entrer en filière STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives), une filière très demandée à ses débuts au point d'avoir organisé une sélection à l'entrée. Désormais, les candidats doivent disposer de « compétences scientifiques », de « compétences sportives et « manifester de l’intérêt pour l’exercice de responsabilité collective, associative ou citoyenne ». Une manière de justifier la sélection actuelle en envoyant un message vers les éventuels candidats pour qu'ils comprennent qu’il ne suffit pas d’être passionné par le sport ni même d’avoir un bon niveau dans une discipline sportive pour réussir dans cette filière. Mais la pratique du tirage au sort à l'entrée est désormais proscrite.

Sur la plate-forme, le candidat pourra recevoir plusieurs réponses : « oui », « oui si » ou « en attente », pour n’importe quelle licence générale, en tension ou pas. Des réponses expliquées ainsi par Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation 

 “Oui si”, ça veut dire que l’équipe pédagogique considère que le bachelier a besoin d’être accompagné de manière spécifique. Il pourra lui être par exemple proposé un parcours avec « plus de travaux dirigés, plus de méthodologie ou davantage de temps pour mûrir son projet ».

Et la ministre de préciser que : « L’élève aura toujours le dernier mot dans le choix de sa filière mais devra faire confiance à l’université et aux enseignants sur le chemin à parcourir » pour obtenir le diplôme souhaité. Elle reconnaît cependant qu’une université pourra décider de ne pas accepter un étudiant si elle a plus de demandes que de places disponibles, malgré la hausse promise des capacités d’accueil.
Frédérique Vidal a promis 950 millions d’euros supplémentaires sur le quinquennat, dont 450 millions déjà annoncés par le premier ministre fin septembre dans le cadre du « grand plan d’investissement ».
Le gouvernement prévoit en effet de créer des places à l’université, « de manière ciblée » : dans les filières très demandées et qui assurent des débouchés professionnels, et dans des filières qui n’existent pas encore mais répondraient à des demandes du marché de l’emploi. 3 000 places supplémentaires en BTS sont d'ores et déjà prévues.
Il va sans dire que ces nouvelles places en université, devront être accompagnées de mesures concernant le logement, le pouvoir d’achat et la santé des étudiants, notamment leur transfert sur le régime général de la Sécurité sociale.


Un projet pour cadrer sans pour autant imposer une méthode

Le gouvernement le dit bien d'ores et déjà, il ne va pas s'agir d'imposer un système aux universités. Chacune pourra mettre en oeuvre les principes de la loi selon ses propres critères. D'ailleurs, le projet a reçu un accueil favorable de la Conférence des Présidents d'université. Mais si certains syndicats des personnels administratifs le soutiennent, de nombreuses voix s'élèvent déjà parmi les syndicats d'enseignants et d'étudiants, pour dénoncer une sélection déguiser et émettre de sérieux doutes quant au fonctionnement de la nouvelle plate-forme mise à la disposition des lycéens et des étudiants.


Pour aller plus loin, écouter l'émission "Le téléphone sonne" consacrée à ce sujet

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