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Fabrice Boromée, détenu dans l'Hexagone, exprime sa détresse

justice
Fabrice Boromée
Les barreaux de la prison d'Alençon-Condé-sur-Sarthe. ©AFP PHOTO CHARLY TRIBALLEAU / LA 1ERE
Fabrice Boromée, ce détenu guadeloupéen, incarcéré dans l’Hexagone, se dit victime de "racisme, de méchanceté et de la persécution des matons".
Son seul souhait : rentrer au pays.
"Je suis rentré pour une peine de 8 ans et je me retrouve à devoir faire 34 ans de prison… parce que je veux rentrer chez moi, en Guadeloupe, voir ma famille et surtout mon frère, Eddy… pour ne plus subir le racisme, la méchanceté et la persécution des matons". Ce sont les mots écrits par Fabrice Boromée, dans une lettre qui date de 2016.
Elle a été publiée, le mois dernier, par le site internet "L’envolée".

Il se dit victime de racisme 


Des associations dénoncent, aujourd’hui, le sort réservé au détenu et la violation des Droits de l’Homme, dont il serait victime.
L’homme est incarcéré, dans des conditions très difficiles, dans l’Hexagone et demande, depuis le début, son retour en Guadeloupe.
Ce détenu guadeloupéen, incarcéré dans l’Hexagone, se dit victime de "racisme, de méchanceté et de la persécution des matons". Son seul souhait : rentrer au pays.

Interdit de résidence en Guadeloupe 


Il a, à peine 30 ans, et cela fait plus de 13 ans que Fabrice Boromée est derrière les barreaux. Son premier séjour en prison remonte à 2004, pour des faits de violence, avec arme. Il y retourne en 2010, pour le même type de faits. Mais cette fois, sa condamnation est assortie d'une interdiction de résidence en Guadeloupe. Il est donc transféré dans l'Hexagone.
Dès son arrivée, les incidents se multiplient avec le personnel pénitentiaire. Le jeune homme réclame alors à corps et à cris son retour chez lui pour être plus proche des siens. Pour se faire entendre, il va même jusqu'à prendre en otage un gardien et un sous-directeur d'établissement. Du coup, les condamnations pleuvent.

De 8 ans à 28 ans de prison


Des 8 années originelles, il en purge aujourd'hui 28. Détenu particulièrement signalé, il subit, selon l'association "Ban public", un traitement inhumain : isolement, pas de visite au parloir ou d'aumônier, ni même de psychologue. Pas d'activité, pas de promenade, pas de douche, le week-end. Entraves et menottes, régulièrement. Une véritable torture, pour "Ban public", pour qui l'administration pénitentiaire cherche "méthodiquement à éliminer Fabrice Boromée, dont elle ne sait que faire". Pendant ce temps, le jeune homme, lui, continue à réclamer son transfert à Fond Sarail. A défaut, au moins, en île de France, dans l'immédiat, afin que ses proches puissent lui rendre visite.

A l'isolement depuis 5 ans


Fabrice Borromée se trouve actuellement à la maison centrale de Saint-Maur, dans l'Indre, après avoir connu plus de 10 établissements. A tel point, que son avocat parle de "tourisme pénitentiaire". 
Aujourd’hui, il est à l’isolement, depuis 5 ans.
Maître Benoit David, son avocat et les associations des Droits de l’Homme dénoncent le traitement qui lui est réservé accusant le système carcéral de le pousser à commettre l’irréparable…

Etat de F. Boromée


Des propos durs... D’autant que les délais des recours judiciaires, contre cette situation, sont trop longs…

Recours Boromée

 

Plus de deux cents détenus ont le statut de "détenu particulièrement signalé" ou DPS. Lorsque c'est le cas, leurs déplacements au sein d'un établissement sont limités, leur surveillance accrue. Enfin, ils ont interdiction de travailler (mais peuvent participer aux activités) et changent souvent de lieu de détention.

Le registre des détenus particulièrement signalés est un répertoire national qui regroupe les détenus "appartenant à la criminalité organisée locale ou interrégionale, nationale ou internationale" ou reliés "aux mouvances terroristes" même s'ils n'ont pas participé à une tentative d'évasion; "ceux ayant été signalés pour des évasions réussies ou des commencement d'exécution d'une évasion"; "ceux dont l'évasion pourrait avoir un impact important sur l'ordre public", et enfin "ceux susceptibles de grandes violences ayant commis un ou des meurtres, viols, actes de torture et barbarie en établissement pénitentiaire."

Ce statut de DPS est critiqué par de nombreuses familles de prisonniers, par certains avocats et organisations comme l'Observatoire international des prisons (OIP) et le Comité européen pour le prévention de la torture (CPT) car il provoque notamment de véritables ravages psychiques et physiques chez les personnes concernées. Ils demandent que ce statut soit pour les uns, purement et simplement supprimé, pour les autres, réformé pour empêcher les dérives.

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