Fiona : La nécessité d'en tirer des enseignements pour bâtir l'avenir

aménagement du territoire
Rivière Saint Louis
Rivière Saint Louis ©E. Stimpfling
Fiona est venue, en quelques sortes, mettre en exergue toutes les incohérences et les erreurs qui ont pu être commise en la matière. Des questions que les universitaires et les spécialistes de l'Université des Antilles ne manquent pas

Pour Pascal Saffache, ancien président de l'Université des Antilles et de la Guyane, professeur des universités, géographe, spécialiste de l’aménagement de l’environnement sous nos latitudes dans le cadre du réchauffement climatique, le passage de Fiona est un véritable champs d'expériences pour mettre à jour les incohérences qui persistent à travers le temps et surtout, pour élaborer de nouvelles stratégies en matière d'aménagement du territoire. 

Pascal Saffache

Les énormes dégâts et le mort causés par le cyclone lui ont suscité un certain nombre de réflexions notamment sur l’harmonisation dont les aménageurs et les décideurs locaux devraient faire preuve.

Pascal Saffache

Dans sa réflexion, Pascal Saffache rappelle qu'en matière d'aménagement du territoire, ces politiques sont normalement encadrées par un certain nombre de documents  comme le Schéma Régional d’Aménagement ou le Plan de Prévention des Risques Naturels. Des outils selon Pascal Saffache qui sont parfois mal utilisés.  Il est grand temps selon de pratiquer réellement aux Antilles l’aménagement durable. Les experts du GIEC préconisent notamment pour la France l’arrêt des constructions. La rénovation ou le réaménagement suffirait à répondre à aux besoins exprimés.

Pascal Saffache

L’occupation des sols a-t-elle contribué à l’importance des dégâts ? 

 

Les quantités de pluie qui se sont abattues sur le territoire ont certes été exceptionnelles durant l’épisode, jusqu’à 600 mm, mais ces précipitations massives interagissent désormais avec un sol fortement anthropisé, modelé par la main humaine.

L’artificialisation des sols, et leur imperméabilisation constitue, notamment un facteur aggravant des crues. Facteur qui vient s’ajouter à un autre : l’augmentation de la vapeur d’eau dans le ciel lié au réchauffement climatique.

Dégâts provoqués par la tempête tropicale Fiona, dans la résidence Marquisat, à Capesterre-Belle-Eau - 17/09/2022.
Dégâts provoqués par la tempête tropicale Fiona, à la résidence Marquisat, à Capesterre-Belle-Eau - 17/09/2022. ©Florence Péroumal


Didier Bernard, maitre de conférence spécialiste de la physique de l’atmosphère et risques naturels en a fait l'analyse.

Didier Bernard

La quantité de surface artificialisée en Guadeloupe, comme ailleurs ne cesse d’augmenter. Le chef-lieu n’occupe pas le haut du panier ici avec, selon les des derniers chiffres publics disponibles, le BRGM ayant refusé de répondre à nos questions, une hausse de 2.55% des surfaces imperméabilisés bâties ou non entre 2010 et 2017.

Rivière des Pères après le passage de la tempête Fiona
Rivière des Pères après le passage de la tempête Fiona ©Jean-Marie Firpion

Un peu moins de 4 % pour Goyave et 6.8 % pour Capesterre Belle Eau. Deux territoires certes bien plus ruraux que Basse Terre mais qui concentrent eux aussi une grande partie de leur population en zone littorale.

Didier Bernard

Pour mémoire le Gouvernement Français s’est comme objectif dans son plan Biodiversité, 2018 zéro artificialisation nette à l’horizon 2050.