Gourbeyre, où des résidus de chlordécone coulent parfois dans les robinets

éditorial
Gourbeyre rond-point
©Horizon Guadeloupe
Le passage de la tempête tropicale Fiona et les coupures d'eau qui en ont découlé ne fait pas oublier l'autre problème de l'eau à Gourbeyre...

Tempête ou pas, le précieux liquide n’a jamais été aussi bien nommé que chez nous, tant il se fait rare. 

Mais pire parfois lorsqu’il coule : "Le syndicat mixte de gestion de l’eau et de l’assainissement informe les usagers de la commune de Gourbeyre, que conformément à la demande de l’ARS, l’eau est interdite à la consommation pour les personnes sensibles femmes enceintes et enfants de moins de 5 ans".

La raison est une non-conformité à la chlordécone".

Même pas une alerte, juste une notification, comme les autres, dans le communiqué litanique des coupures d’eau du jour.
Au point où, sans vigilance, nous aurions presque pu passer à côté.

Comme si le dépassement des taux autorisés de chlordécone s’apparentait à une vulgaire casse sur le réseau…

Comme si nous nous étions habitués à la tragédie…

L’habitude ce confort mortel comme disait François Mitterand….

Car faut-il, hélas, le rappeler… Une énième surdose de chlordécone dans l’eau, peut causer des dégâts sur le cerveau, être à l’origine d’autisme, de troubles neurodéveloppementaux chez l’enfant, de prématurité, de stérilité chez la femme comme chez l’homme, de cancers notamment de la prostate et donc mettre tout simplement en péril l’humanité.

Il faut 5 ans, sans y toucher, pour s’en débarrasser dans le sang.
Entre le moment du prélèvement et de la communication des résultats de l’Agence régionale de santé, les Gourbeyriens ont pu ingérer une semaine de chlordécone supplémentaire.

Parce qu’une fois de plus, les filtres à charbon actif, nécessaires à la captation du chlordécone, étaient défaillants.

Parce qu’une fois de plus, leur surveillance pose question.

Parce qu’une fois de plus, la commande de leur renouvellement intervient bien trop tard…

Et pendant ce temps là, les Gourbeyriens peuvent consommer à foison une semaine de chlordécone supplémentaire.

L’habitude, ce confort mortel comme disait François Mitterand… 

Inhabituel par contre mais peut être tout aussi mortel…

Dans son communiqué, le Syndicat mixte de gestion de l'eau et de l'assainissement de la Guadeloupe (SMGEAG) évoque une consommation interdite aux personnes sensibles, femmes enceintes et enfants de moins de 5 ans…

Faut-il alors comprendre que les autres peuvent se délecter de ce redoutable polluant, classé parmi les 12 molécules les plus dangereuses au monde par la conférence de Stockolm en 2012 ?

Incompétence coupable et multiples ou coquille vide dénuée de moyens qui risque tôt ou tard de finir comme autrefois entre les mains d’une multinationale ?

En tout cas non, une contamination au chlordécone n’a rien à voir avec une casse sur le réseau…
En rendant la tragédie habituelle, c’est purement et simplement l’homme avec un grand H qu’elle casse...

Comme si de rien n’était…