Le gouvernement abaisse la limite maximale de résidus pour le chlordécone dans la viande

Un arrêté interministériel, publié le 26 mai au Journal officiel, abaisse la limite maximale de résidus (LMR) pour le chlordécone dans la viande.Cette valeur est désormais fixée à 0,02 mg/Kg pour la viande et les produits porcins, ovins, caprins et la volaille.
L'arrêté interministériel, publié le 26 mai au Journal officiel, abaisse la limite maximale de résidus (LMR) pour le chlordécone dans la viande. La mise sur le marché des denrées alimentaires contenant des résidus de cet insecticide organochloré au-delà de la LMR est interdite.

Cette valeur est désormais fixée à 0,02 mg/Kg pour la viande et les produits porcins, ovins, caprins et la volaille. La valeur jusque-là applicable était celle fixée par le règlement du 23 février 2005 relatif aux limites maximales applicables aux résidus de pesticides dans les denrées alimentaires, soit 0,1 mg/Kg pour les viandes porcines, ovines et caprines, et 0,2 mg/Kg pour la volaille. (*). Un retour donc au taux appliqué jusqu'en 2013, date d'une mise en conformité avec les taux européens qui avait alors augmenté les taux admissibles.

L'État doit "prendre sa part de responsabilité"


L'abaissement de la LMR fait suite à la visite d'Emmanuel Macron aux Antilles en septembre 2018. Dés le début de sa visite, il avait déclaré que l'État devait "prendre sa part de responsabilité" dans la pollution au chlordécone et "avancer sur le chemin de la réparation" de ses ravages. Il avait alors annoncé la fixation de nouveaux seuils plus stricts, conformes aux préconisations de l'Agence de sécurité sanitaire (Anses).

Quatre mois plus tard, au début de l'année, le gouvernement avait pris un premier arrêté. Il avait abaissé la valeur limite applicable à la viande bovine à 0,02 mg/Kg. La limite maximale applicable aux poissons et produits de la mer restait inchangée à 0,02 mg/Kg également.
Le gouvernement avait aussi annoncé un accroissement de 30 % des contrôles dès cette année en vue de garantir le respect des seuils de chlordécone dans les denrées, y compris dans le secteur informel (autoproduction, dons, bords de route) pour lequel l'exposition s'est révélée supérieure à celle des circuits d'approvisionnement contrôlés.

En février dernier, un collectif composé d'une soixantaine d’associations et de personnalités, s'était constitué pour lui adresser une lettre ouverte dans laquelle il lui était demandé de prendre conscience (…) de la détresse et la colère des Guadeloupéens et des Martiniquais" à propos de l’empoisonnement des Antilles au chlordécone.
Cet arrêté interministériel du 26 mai est une nouvelle réponse du gouvernement face à l'attente des Antillais. Mais il reste encore loin du 0 chlordécone prôné par toutes ses associations de défense des intérêts des consommateurs Antillais.
 (*) Source Actu Environnement