Grève dans les collectivités : l'espoir d'une fin de conflit avant les scrutins de juin

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Négo UTC-UGTG / Maires 11/03/2021
L'UTC-UGTG rédigeant une contre-proposition sur la régularisation des contractuels, le 11 mars 2021. ©Alexandre Houda

A quel point le bon déroulement des scrutins de juin dépend-il de la fin de la grève de l'UTC-UGTG dans les collectivités territoriales ? Les agents jouent un rôle central, en amont, pendant et après les opérations de vote. Heureusement, il semble que la médiation des facilitateurs porte ses fruits

Les négociations, dans le cadre de la "grève générale illimitée" au sein des collectivités territoriales, menée par les agents affiliés à l'Union des travailleurs des collectivités (UTC-UGTG), seraient en bonne voie.
Les leaders du syndicats poursuivent les échanges avec les maires, avec l'aide des quatre facilitateurs, à savoir le maire des Abymes Eric Jalton, le maire de Basse-Terre André Atallah, le maire de Capesterre-Belle-Eau Jean-Philippe Courtois et le maire de Bouillante Thierry Abelli.

Les jours passent...

Cela fait plus de 11 semaines que la grève de l'UTC-UGTG a débuté, dans les collectivités territoriales.
Depuis le 3 mars 2021 (le 22 février, à Petit-Bourg), il y a eu trois réunions de négociations avec l'Association des maires de Guadeloupe (AMG), qui se sont révélées vaines et qui ont achoppé sur la première des 18 revendications de l'organisation syndicale : les carrières.

Mais la formule de médiation avec les quatre facilitateurs semble porter ses fruits.
Une rencontre, hier, mercredi 19 mai 2021, à la mairie de Basse-Terre, a permis d’établir un accord de principe, entre les parties et de détendre l’atmosphère.

Syndicat et facilitateurs sont en train de peaufiner le document qui pourrait conduire à la levée du mouvement. 

Et voilà poindre l'espoir d'une fin de conflit

Après moult échanges de propositions et contre-propositions, entre l'UTC et les différends édiles, concernant le premier point de revendication, véritable pomme de discorde, depuis le début du mouvement, la grève des collectivités pourrait bien connaitre une avancée significative. 
Un accord de principe a, donc, été trouvé, quant à l’application des avis de la Commission administrative paritaire (CAP) et est en train d’être rédigé. Mais il n'a pas encore été signé par l’ensemble des maires.

Sur les échanges de points de vue, toutes les parties seraient sur la même longueur d’onde. Et sur les autres points de la plateforme de revendications des grévistes de l’UTC-UGTG,  les protagonistes s’orienteraient aussi vers une éventuelle signature d’accord.

Ensuite, se poursuivront les négociations avec les EPCI et les Parlementaires, pour la signature de l’accord cadre final. Signature qui devrait intervenir, en cette fin de semaine, voire au début de la semaine prochaine.

Compte tenu la situation sanitaire, une réunion avec l’ensemble des signataires pourraient avoir lieu. Autre possibilité : ce seraient les facilitateurs qui iraient à la rencontre de chaque Premier Magistrat, pour la signature de l’accord final. 

Ainsi, le mouvement de grève prendrait fin avant les élections Départementales et Régionales des 20 et 27 juin prochains.  

En cas d'échec des négociations, les scrutins sont-ils menacés ?

Le conflit qui sévit dans les collectivités de Guadeloupe, s'il perdure, fait planer une menace sur l'organisation et le bon déroulement des élections à venir.

En effet, le personnel communal est quasiment indispensable, dans la mise en œuvre de toute la logistique de vote. Il est chargé de l'installation des tableaux de propagandes (alors que la campagne officielle débute le 31 mai), des urnes, des isoloirs, des bulletins de vote et, chose cruciale en ces temps de pandémie, de la désinfection des bureaux de vote, durant toute la durée du scrutin. Les agents ont aussi un rôle primordial dans les bureaux centralisateurs. Ils doivent également faire fonctionner la cantine, le jour J. Sans compter la mission importante de la police municipale, dans l'acheminement des urnes.

Pourvoir à toutes ces tâches se révèlerait être un casse-tête, pour les maires, sans l'appui des actuels grévistes.

Autre épée de Damoclès, en amont des jours de vote, les services communaux des élections doivent fonctionner car, jusqu'au jour du scrutin, la population doit pouvoir s'inscrire sur la liste électorale.

Les deux parties sont donc acculées à trouver un accord, avant la date du scrutin... à moins que le représentant local de l'Etat ne prenne des dispositions particulières.