Haïti : mobilisation contre le projet de réforme constitutionnelle

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En Haïti, la mobilisation ne faiblit pas dans la rue, contre le projet de réforme constitutionnelle qui doit être validé par référendum le 27 juin prochain. Les opposants dénoncent une dictature alors que le président Jovenel Moïse, dont ils réclament le départ, gouverne par décrets. 

Des milliers d'Haïtiens sont encore dans la rue pour dire non au référendum sur une réforme constitutionnelle, illégale à leurs yeux. Ils craignent que la réforme permette au parti de Jovenel Moïse de garder le pouvoir. Même si le président sortant ne compte pas se représenter alors que le texte l'y autoriserait. Parlant de dictature, ils déplorent que depuis un an, l'équipe en place gouverne par décrets.

Ils ont détruit le parlement. Ils ont réduit à néant le pouvoir judiciaire. Le seul pouvoir qui existe est concentré entre les mains de Jovenel Moise, que l'opposition considère comme un usurpateur. C'est pourquoi nous continuons à protester jusqu'à ce que ces problèmes soient résolus.

Serge Jean-Louis, ancien député

En fait de nombreux Haïtiens reconnaissent qu'une réforme constitutionnelle est nécessaire pour rendre le pays gouvernable. Le texte proposé par Jovenel Moïse vise notamment à renforcer le pouvoir exécutif. Mais les opposants jugent qu'il va trop loin. Et ils affirment n'avoir pas été consultés.

Nous avons décidé de ne pas accepter le projet constitutionnel d'une seule personne, ni un référendum qui n'est l'œuvre que d'une seule personne. Et selon la constitution, le mandat de Jovenel Moise est terminé.

Patrice Dumont, sénateur

Ce mandat aurait pris fin en février dernier, selon les opposants qui exigent le départ du chef de l'Etat. Ils dénoncent également, l'indulgence des Etats-Unis avec un régime qui soutient leur politique étrangère. Du coup, certains vont jusqu'à chercher le salut auprès de Moscou, en brandissant le drapeau russe.

Nous voulons une coopération franche, fraternelle et amicale entre Haïti et la Russie. Le moment est venu pour Haïti de rompre ses relations avec les États-Unis.

David Oxygène, Activiste MOLEGHAF (Mouvement de Liberté d'Egalité des Haïtiens pour la Fraternité)

De fait la crise politique haïtienne, déjà ancienne, est exacerbée par la crise sociale. Les deux tiers de la population gagnent moins d'un euro soixante-dix par jour.