"Jab Jab" dans les rues de Pointe-à-Pitre

carnaval
Djab Djab
©Ch. Théophile
Ils étaient une centaine, dans les rues de Pointe-à-Pitre, à l'aube... D'étrangres créatures recouvertes de gwo siwo qui, sur des rythmes de soca, ont célébré le "jab jab". Une tradition carnavalesque venue de la Grenade. 
Ils sont sortis de l'obscurité pour se frayer un chemin dans l'aube naissante... Eux, ce sont les jab jab... Créatures enduite de mélasse qui ont pour seul but, semer la terreur... 
Ils étaient une centaine, dans les rues de Pointe-à-Pitre, ce matin, dignes représentants de cette tradition venue de l'île anglophone de Grenade.

D'où vient cette tradition ?

A l'origine, "Jab" est un mot patois utilisé à Grenade qui vient du Français "diable". Pour rappel, l'île a été achetée par les Français, aux Anglais, au 17ème siècle. 
Selon le "Traditionnal Mas Archive", avant l'abolition de l'esclave, les esclaves n'étaient pas autorisés à prendre part aux festivités carnavalesques. Après l'abolition, ils peuvent désormais le faire. Ils utilisent alors de la canne brûlée mélangée à une huile afin de se peindre en noir... Comme une célébration de leur liberté. 
Pratiqué à Grenade, le "jab jab" est aussi célébré à Trinidad et Tobago. 
Des les îles anglophones, il n'est pas rare de croiser les jab jabers" armés de cordes, chaînes et autres objets de torture, destinés à faire peur. Ce matin, en l'occurence, c'était le cas. Nos jab jab se promenaient avec un cerceuil... Habité...
JAB JAB
©Ch. Théophile

Des jab jab guadeloupéens

C'est un groupe d'amis, amoureux de la Caraïbe, de sa culture et de ses festivités, qui est à l'origine du "jab jab" de ce matin. Bien nommée la "Team Siwo", c'est une armée de French soca lovers (amoureux de la soca) qui a envahi les rues de Pointe-à-Pitre, au petit matin.

©guadeloupe


Une tradition proche de nous... 

Le jab jab n'est pas sans rappeler une autre tradition bien de chez nous... Durant notre Carnaval comme celui de la Martinique, certains groupes ou individus s'enduisent de gwo siwo et déboulent dans les rues. Un rappel de ces esclaves qui s'enduisaient de cette sustance pour fuir la plantation et retrouver la liberté. Ce "nèg gwo siwo" participe à redonner une dignité aux esclaves dissidents. Le carnaval est souvent un moment de commémoration des combats pour la liberté menés par les esclaves.