Journée mondiale de lutte contre la transphobie et l'homophobie : des actes anti-LGBT+ en hausse

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drapeau arc en ciel
drapeau arc en ciel ©AFP PHOTO / DPA / GREGOR FISCHER GERMANY OUT
Aujourd’hui, c’est la journée mondiale de lutte contre la LGBT phobie, l’occasion de se demander à quoi ressemble le quotidien de ces personnes régulièrement discriminées. Malheureusement en six ans, le nombre d'actes anti-LGBT+ a plus que doublé.

Lydie Siwsanker vit un enfer depuis dix ans. Agressions, insultes et harcèlement : voilà son quotidien. Lydie est lesbienne, c’est ce que ne conçoivent pas ces agresseurs.

Agressée au quotidien près de son domicile, Lydie souhaite déménager mais n’en a pas les moyens. Aujourd’hui, elle ne vit plus, elle survit.

Lydie Siwsanker, présidente de l’association Ma différence LGBT

©Guadeloupe


Le quotidien de personnes homosexuelles ou bisexuelles est particulièrement difficile. Les personnes ayant une identité de genre différente de leur sexe biologique font aussi l’objet d’agressions courantes.
C’est le cas de ce jeune homme qui a souhaité resté anonyme. Depuis tout petit, il l’a compris : il n’est pas né dans le bon corps.

©Guadeloupe

Une dénonciation des affaires classées sans suite concernant les personnes LGBT+

Et d'ailleurs, en cette journée mondiale de lutte contre l'homophobie et la transphobie organisée sur l'ensemble de la planète ce mardi, différentes manifestations sont organisées un peu partout. La communauté LGBT+ de Guadeloupe, elle, s'était donnée rendez-vous ce matin, devant le tribunal de Pointe-à-Pitre.

Une présence symbolique, mais très peu nombreuse, même pas une demi-douzaine de personnes, pour dénoncer les affaires portées devant la justice mais très souvent renvoyées ou pas instruites selon les associations de défense des droits LGBT+. Parce qu’ils ont l’impression de ne pas être entendus… Parce qu’ils ont le sentiment que déposer plainte ne conduira pas forcément à l’instruction de l’affaire.

Lydie Siwsanker, présidente de l’association Ma différence LGBT

©Guadeloupe

On estime la population LGBT+ de Guadeloupe entre 1 et 10% de la population soit 3000 à 30 000 individus. Une estimation difficilement chiffrable, tant celle-ci vit repliée sur elle-même…   

En 2021, les plaintes pour délit ou crimes envers des personnes LGBT+ ont augmenté de 28%.
Et pourtant, être homosexuel, être bisexuel, être transgenre : on ne le choisit pas.

Faire changer les mentalités

Viviane Mélyon De France est présidente de l'association Amalgame Humanis. Une association qui intervient depuis fin 2019 dans les établissements scolaires, dans les familles et auprès de jeunes en rupture d'insertion, d'autres qui ont des comportements sexistes et violents pour faire changer les mentalités. L'association vient d'ailleurs de signer un agrément avec le rectorat pour intervenir dans les établissements.

Viviane Mélyon De France, présidente de l'association Amalgame Humanis

Viviane Mélyon De France, présidente de l'association Amalgame Humanis

Viviane Mélyon De France sera d'ailleurs l'invitée du journal télévisé de ce soir, mardi 17 mai.

Une ligne d'écoute anti-discrimination des LGBT+ a d'ailleurs été lancée au 06 90 757 767. Elle fonctionne 24 sur 24 et 7 jours sur 7 et est tenue par 13 bénévoles écoutants. Les personnes LGBT+ peuvent y faire part de leur mal-être, de leurs questionnements sur leur orientation sexuelle. L'an dernier, 782 personnes ont sollicité les bénévoles de la structure.