Justice et politique étroitement mêlées actuellement en Guadeloupe

éditorial
Justice
©La 1ère

Suspicion, audition, perquisition…et même parfois mise en examen. De la Gauche à la Droite, en passant par le milieu et le sans étiquette, de nombreuses grosses pointures, vieux briscards en politique, sont, en ce moment, inquiétés.

Et de source proche du dossier, d’autres devraient suivre… C’est  du rarement mais tout de même du "de plus en plus vu ", depuis l’affaire Fillon en pleine présidentielle en 2017. Le temps des juges n’est plus celui des scrutins. Révolue l’époque de cette fameuse trêve judiciaire en période de campagne. Cela n’a jamais été une disposition légale, juste une tradition, en passe de devenir un vieux souvenir.

Mais cette actualité politique trépignante a de quoi nous interpeller, au moins à deux niveaux.
D'abord sur la probité de notre classe politique. Tant d’enquêtes et d’instructions, même si elles aboutissent à des non lieux n’ont tout de même rien d’anodin.
Alors, ce n’est ni propre à la Guadeloupe, ni propre à notre époque, juste peut être plus visible parce qu’à dimension plus réduite et avec des moyens de communication plus performants. L’histoire nous a d’ailleurs déjà largement prouvé où passait durant des décennies une partie des deniers publics. Il suffit encore d’essayer d’ouvrir nos robinets, certains matins et de voir ce qui y coule ou n’y coule pas d’ailleurs...

Ensuite, ce qui peut également nous interpeler, c’est ce calendrier judiciaire. La justice est indépendante et libre, régie par des procédures, mais tout de même, tant d’enquêtes qui semblent subitement s’accélérer simultanément, avec la multiplication des suspicions jetées en pâture à l’opinion publique à quelques semaines d’un scrutin, il y a de quoi se demander si tout cela ne sert, tout de même pas, un intérêt très particulier.

Reste maintenant à connaitre l’incidence que tout cela pourrait avoir sur les urnes. Car voter en pleine conscience même quelque peu manipulé n’est pas forcément voter pour l’intégrité.
Bien d’autres facteurs semblent guider l’électeur dans ses choix. Les victoires à répétition d’élus ayant eu maille à partir avec la justice l’ont maintes fois prouvé.
Alors, en maugréant face à un robinet qui ne coule pas, il faudra peut-être se souvenir de cette phrase de Georges Orwell, "un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des voleurs et des traitres n’est pas victime, il est complice".