La police a reçu des preuves de vie des missionnaires enlevés en Haïti

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Haïtiens protestant contre le kidnapping de missionnaires nord américains
Manifestation demandant la libération des otages nord-américains, à Titanyen, au nord de Port-au-Prince. ©AP Photo/Joseph Odelyn
La police haïtienne a reçu des preuves de vie du groupe de missionnaires et de membres de leurs familles, 16 citoyens américains et un citoyen canadien, enlevés le 16 octobre à l'est de Port-au-Prince, a indiqué jeudi une source de la police judiciaire.

"Nous avons des preuves de vie de tous les kidnappés", a confié à l'AFP une source au sein de la police nationale d'Haïti, sans fournir davantage de précisions quant à la nature de ces preuves ou leur date de réception.

Des négociations en cours

"Les négociations sont en cours pour la libération des étrangers. C'est la cellule contre-enlèvement, à la direction centrale de la police judiciaire, qui est en discussion avec les kidnappeurs", a précisé le membre de la police judiciaire haïtienne, ajoutant que "plusieurs agents du FBI collaborent" avec les autorités sur ce dossier.
Ces 16 Américains et ce Canadien ont été enlevés alors qu'ils venaient de visiter un orphelinat au coeur de la zone sous l'emprise d'un des principaux gangs d'Haïti.
Christian Aid Ministries, l'organisation religieuse à laquelle appartiennent ces missionnaires, avait indiqué que le groupe comptait 12 adultes, dont l'âge est compris entre 18 et 48 ans, et cinq enfants âgés de 8 mois, 3, 6, 13 et 15 ans.

Le chef de gang a menacé de tuer les otages

Les membres du gang "400 mawozo", qui tiennent en otages les 17 ressortissants nord-américains depuis 13 jours, ont réclamé un million de dollars par personne gardée captive, selon les informations recueillies par l'AFP.
Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux la semaine dernière, le chef de cette bande armée a menacé d'exécuter les otages.
"Si je n'obtiens pas ce dont j'ai besoin, je tuerai ces Américains", a déclaré en créole Wilson Joseph.

Haïti est classé comme pays en zone rouge par les États-Unis qui déconseillent à leurs ressortissants de s'y rendre, notamment en raison des nombreux enlèvements dont "les victimes incluent régulièrement des citoyens américains".

Les gangs ont commis plus de 782 enlèvements contre rançon depuis le début de l'année, selon le Centre d'analyse et de recherches en droits humains, basé à Port-au-Prince.